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Sur le terrain

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Publié Mars 2026

La parole à votre Farmer : Monte de Carlos

Cher CrowdFarmer, 

Il semble que chaque année, nous soyons confrontés à un nouveau défi avec la récolte des abricots. Cette saison, tout semblait parfait et au final, cela s’est avéré être un désastre. 

Avec le passage à la culture biologique, la culture a été adaptée à ses rendements naturels et nous nous attendions à avoir entre 60 000 et 75 000 kilos d’abricots cette année. 

Abricots sur une branche abimés par la grêle

Pendant les mois d’hiver, il n’a pas fait assez froid et l’arbre n’a pas développé les fleurs nécessaires pour promettre une bonne récolte. Au cours du mois de mars et durant une partie du mois d’avril, nous avons eu plusieurs épisodes de fortes pluies continues qui ont coïncidé avec la nouaison des fruits. La pluie et la présence de champignons apportés par l’humidité ont donc fortement réduit la production. Une fois la pluie passée, nous avons pu évaluer les dégâts et nous avons estimé qu’il restait environ 50 000 kilos sur les arbres.

Pour terminer l’année, deux semaines avant le début des récoltes, nous avons eu une très forte tempête de grêle dans toute la zone où se trouve le Monte de Carlos. Ma maison est à deux kilomètres de la ferme et quand j’ai entendu la grêle frapper sur le toit cette nuit-là, j’ai craint le pire. Je ne voulais pas me lever pour confirmer que c’était bien de la grêle. Ce n’était pas nécessaire. Il m’a fallu plusieurs jours pour oser monter voir les abricots car je n’avais tout simplement pas la force de regarder tout le travail d’une année couché sur le sol. 

Récolte d'abricots au sol abimés par la grêle

L’agriculture est un travail qui vous demande beaucoup de sacrifices. Parfois elle vous apporte une grande joie et d’autres fois elle vous fait pleurer comme un enfant. 

Au bout de trois jours, j’ai trouvé le courage d’aller évaluer les dégâts causés par la grêle. Ce qui est tombé cette nuit-là, ce sont de gros grêlons qui ont fait tomber beaucoup de fruits sur le sol.Au début, nous avons pensé qu’elle avait surtout touché les parties extérieures des arbres et nous avons donc commencé la campagne en pensant qu’avec les 30 000 kg restants, nous pourrions répondre à vos commandes.

Cette année, nous avons tout préparé pour que vos fruits arrivent dans les meilleures conditions possibles: ramassage rapide et tôt le matin pour que les fruits partent le plus vite possible chez vous. Nous avions également un entrepôt très proche qui nous aidait à préparer les boîtes et à refroidir les fruits avant de les charger dans le camion pour qu’ils durent mieux pendant le voyage. Il n’y avait pas beaucoup de fruits mais nous avions tout sous contrôle: c’était notre année !

Abricot abimé par la grêle dans la main d'un agriculteur

Lorsque nous avons commencé à cueillir les fruits, nous avons réalisé qu’ils étaient beaucoup plus touchés que nous le pensions. De nombreux abricots avaient été frappés par les grêlons et présentés des blessures. Ce fruit ne peut pas être envoyé, car lorsque vous le recevrez, il sera totalement pourri et aura affecté tout le reste. C’est pourquoi, lors de la préparation des caisses, nous avons dû en jeter beaucoup. Au final, nous avons pu envoyer que très peu de caisses. La nature n’a pas été avec nous cette année et il nous est très difficile d’envisager l’avenir avec optimisme. Nous espérons seulement que les fruits que nous avons pu expédier arriveront en bon état. Nous allons nous donner quelques mois pour décider de l’avenir de vos abricots avec calme et perspective.

Carlos Arenes.

Written by Farmers of CrowdFarming

Farmers of CrowdFarming

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Sur le terrain

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L' »Allemand fou » 40 ans plus tard

Si vous accompagnez Friedrich dans sa propriété près de Gibraleón, vous n’entendrez qu’une chose : un concert tonitruant de chants d’oiseaux. Mais derrière cette idylle se cache une décision radicalement non conventionnelle prise il y a longtemps. Aujourd’hui certifié Demeter depuis 1994, il prouve que sa « folie » est la seule réponse logique à la crise de nos sols. Il y a quarante ans, Friedrich est tombé amoureux du domaine « Finca Jelanisol-Montebello » lors d’une visite en Espagne. À l’époque, il travaillait pour un intermédiaire pour des fruits et légumes produits de manière conventionnelle. Deux choses se sont produites qui l’ont fait réfléchir : Un ami lui a offert un livre sur la permaculture de Bill Mollison, qui l’a inspirée. Il visitait un champ en Italie et cherchait désespérément des vers de terre dans le sol. Lorsque l’agriculteur lui confirme qu’il n’y a pas de vers de terre « parce qu’il n’y en a pas besoin », Friedrich commence à réfléchir. Une vision globale : tout est connectéPour Friedrich, l’agriculture n’est pas un processus isolé, mais fait partie d’un tout. Il a une vision très holistique et philosophique du monde, dans laquelle tout – du microbiome du sol au consommateur – est lié. Pour lui, sa ferme n’est pas seulement un lieu de production, mais un organisme vivant dans lequel les hommes et la nature coexistent en harmonie. Il pense qu’une société pacifique ne peut émerger que si nous produisons en harmonie avec la nature. Si nous le faisons correctement, il y a assez pour tout le monde ; il suffit de ne pas détruire les bases. L’un des principaux moteurs de l’œuvre de Friedrich est une profonde inquiétude quant à l’état de notre alimentation moderne. Il explique que de nombreux aliments que nous consommons aujourd’hui sont « vides ». Il fait référence aux produits de l’agriculture conventionnelle qui, en raison des pesticides et d’un stockage prolongé, n’ont plus aucune valeur nutritionnelle significative. Il suit le principe « sol sain = personne saine ». Seule une terre vivante et régénérée peut produire des fruits qui nourrissent réellement le corps. L’une des premières choses que Friedrich a faites a été de créer un grand étang, non pas pour l’irrigation de la ferme, mais uniquement et exclusivement pour les oiseaux, les grenouilles, les canards et les poissons. Lorsqu’il pleut beaucoup, l’eau s’y écoule. Ils produisent eux-mêmes l’engrais organique à l’aide de micro-organismes et alimentent les arbres en minéraux en continu grâce à l’irrigation au goutte-à-goutte.

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La science derrière le sucre

Nous avons rendu visite à Antonio du domaine « Sicilian Passion » en Sicile. Dans une région traditionnellement connue pour ses agrumes, Antonio a décidé il y a quelques années de suivre une autre voie : il cultive des fruits de la passion (et même des papayes !). La détermination précise du moment de la récolte est un élément crucial de notre collaboration. Nos équipes effectuent des mesures de sucre directement sur le terrain. Un réfractomètre permet de déterminer la valeur Brix et de s’assurer que les fruits ont atteint la maturité physiologique et le profil aromatique requis. La récolte ne commence qu’une fois ces seuils atteints. Dans la vidéo ci-dessous, vous pouvez voir notre collègue Angelo prendre ces mesures. C’est très amusant, car vous vous projetez littéralement dans l’avenir. Caractéristiques de maturation et étymologieUne qualité importante du fruit de la passion est la texture de sa peau. Contrairement à de nombreux fruits, la règle est la suivante : plus les rides du fruit sont prononcées, plus sa teneur en sucre est élevée. En raison d’une légère évaporation au cours du processus de maturation, le sucre du fruit se concentre à l’intérieur, tandis que l’acidité diminue subtilement. Il y a deux récoltes par an, l’une pendant les mois d’hiver et l’autre pendant les mois d’été. C’est surtout en été que les fruits sont plus « ridés », car le liquide s’évapore plus rapidement sous l’effet de la chaleur. Saviez-vous que le nom « fruit de la passion » est dérivé de l’iconographie chrétienne ? Au XVIe siècle, les missionnaires espagnols ont interprété la structure complexe de la fleur comme un symbole de la Passion du Christ. Les filaments de la fleur étaient associés à la couronne d’épines, les trois stigmates aux clous de la croix et les cinq étamines aux plaies. Dans la galerie, vous trouverez une photo où cela est très clairement visible.

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Rouge sang et extrêmement délicieux

Pourquoi les oranges sanguines ne sont pas forcément toutes rouge sangNous avons visité la Sicile et rencontré Danilo d’AranceBio dans un champ où la récolte d’oranges sanguines était à son apogée. Vous pouvez non seulement voir les oranges mûres suspendues aux arbres, mais aussi les sentir. Le ciel est bleu, les arbres et la prairie sont verts, et les oranges pendent comme de petites lanternes dans les arbres. Le temps est ensoleillé mais très frais – même en Sicile, c’est l’hiver. C’est exactement le bon moment pour que les oranges mûrissent. Il faut un mélange de journées chaudes et de nuits fraîches pour que se développe l’anthocyanine, le pigment qui donne à la pulpe sa couleur rouge. Si les nuits sont trop chaudes, le pigment ne peut pas se former et votre orange sanguine risque d’être plus orange que rouge, mais tout aussi savoureuse. Danilo cultive deux variétés différentes : la Moro, qui est un peu plus acide et dont la chair est d’un rouge profond (s’il fait assez froid !) et la Tarocco, qui est un peu plus sucrée et très douce. C’est un peu comme un enfant qui ouvre un œuf Kinder. De l’extérieur, vous ne pouvez pas savoir si le fruit sera rouge ou simplement orange. Compte tenu de l’augmentation des périodes de sécheresse, Danilo s’appuie sur une couverture végétale permanente. Ce tapis naturel protège le sol et sert de réservoir d’eau, stockant l’eau précieuse pendant les périodes de sécheresse – préservant ainsi la résilience de la nature. Nous avons évidemment dû demander ce que nous devions manger en Sicile, et Danilo nous a recommandé deux plats : les traditionnelles Pasta con le Sarde (quoi d’autre ?!) et ces boulettes de riz frites appelées Arancini.

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