Vous cherchez autre chose ? 

Nous sommes joignables par email.

Agroécologie

min

Publié Mars 2026

Une production d’amandes qui sauve les abeilles ?

Les amandes sont les fruits à coque les plus demandés et vendus dans le monde. Son utilisation va d’une consommation fraîche à la préparation d’innombrables recettes culinaires, tout en passant par son utilisation dans la fabrication de produits cosmétiques. 

C’est une culture très rustique, adaptée aux régions chaudes et très tolérante à la sécheresse. Ces caractéristiques font de l’amandier une espèce parfaite pour la culture biologique pluviale, même dans les climats arides. Cependant, la réalité de la production mondiale est très différente. 

La Californie, reine de la culture industrielle des amandes

Entre 80 et 90 % de la production mondiale d’amandes provient de la Californie. La zone de culture est d’environ 450 000 hectares, produisant environ 1,3 milliard de kilos d’amandes par an. Le reste de la production mondiale d’amandes provient de l’Espagne, d’Iran, de la Turquie et de l’Australie – dans cet ordre.

La plupart des amandes californiennes sont produites selon un schéma industriel intensif, c’est-à-dire qu’elles sont plantées dans de vastes monocultures, utilisant des grandes quantités d’eau pour l’irrigation, ainsi que des millions de litres d’engrais et de pesticides de synthèse.. C’est ce gigantesque système de production qui fait des amandes l’un des aliments les plus gourmands en eau mondialement, avec une moyenne de 16 000 litres par kilo d’amandes, selon des études réalisées par la Fondation GRACE Communications.  

Ce système de production entraîne des problèmes majeurs, qui sont renforcés par la crise climatique. De l’assèchement et de la contamination des aquifères à la destruction de centaines d’espèces animales et végétales, en passant par la disparition de centaines de milliers d’abeilles, qui sont utilisées pour polliniser les amandiers et qui meurent peu après être entrées en contact avec les produits chimiques utilisés. (‘Like sending bees to war’ : the deadly truth behind your almond milk obsession | Bees | The Guardian). 

C’est chez le deuxième producteur mondial que l’on trouve un horizon très différent de celui de la Californie, puisqu’une grande partie des cultures sont BIO (sans l’utilisation de pesticides de synthèse) et pluviales (sans irrigation). 




L’Espagne, le cadre idéal pour les amandes éco-régénératives

La plus grande zone de culture d’amandes en Espagne, et en Europe, se trouve dans l’Altiplano Estepario del Sureste, dans ce que nous appelons le territoire AlVelAl. 95 % des cultures n’utilisent aucune source d’eau à part celle qui tombe du ciel, ce qui est généralement très peu, et 5 % ont une irrigation d’appoint, c’est-à-dire deux irrigations par an lors des périodes de sécheresse.

C’est l’existence de cette expansion d’amandiers qui a fait de cette zone l’endroit idéal pour développer un plan de restauration de l’écosystème, promu par la Fondation Commonland et l’Association AlVelAl. 

Le plan est mené par l’agriculture régénérative et ses producteurs, qui cherchent à transformer les monocultures d’amandiers en écosystèmes biodiversifiés, en créant ce que l’on appelle des « prairies d’amandiers ». Ce système basé sur les prairies associe les amandiers à d’autres espèces sauvages telles que les herbes aromatiques et introduit l’agneau de Segureño, une espèce autochtone parfaitement adaptée à l’écosystème, qui joue le rôle de régulateur du manteau végétal, réduisant ainsi le travail du sol et des fertilisants.

Ces exploitations régénératrices créent un écosystème en mosaïque avec des allées écologiques qui servent de barrière naturelle contre la désertification dans le sud-est de l’Espagne, en établissant ainsi un plan global de restauration du paysage. 




Une autre espèce intégrée dans ce système agroforestier est l’abeille. Qu’il s’agisse de l’abeille domestique ou d’autres pollinisateurs sauvages, ils sont soit indirectement attirés par les herbes aromatiques et les fleurs, soit directement installés dans des ruches entre les lignées d’arbres, en bénéficient de la pollinisation et de la nourriture abondante. C’est un scénario totalement différent de celui des abeilles de Californie, qui sont très éprouvées et menacées par la production industrielle. 

Repenser nos systèmes de production et de consommation

Alors que nous sommes au cœur d’une crise écologique majeure où les écosystèmes s’effondrent à toute vitesse du fait de l’action humaine, il est temps de repenser nos systèmes de production et de consommation. 

Nous devons nous demander si nous voulons multiplier les monocultures ou plutôt commencer à créer des écosystèmes productifs par le biais de l’agriculture régénérative, en combinant préservation et régénération naturelle.

En termes d’impact environnemental, il n’y a pas de comparaison possible. Alors que le modèle intensif a un impact négatif sur les réserves et la qualité de l’eau, la biodiversité et le sol, le modèle régénératif quant à lui prend soin et maintient l’écosystème, tout en allant jusqu’à le régénérer complètement, en reproduisant ses cycles. 

Dans le modèle régénératif, l’empreinte hydrique est nulle ou alors, dans le cas de l’irrigation de secours, beaucoup plus faible que dans les modèles intensifs. L’agriculture régénérative repose également sur la capture du CO2 et de l’eau dans le sol, ce qui a un impact positif sur les émissions et les ressources en eau. 

C’est en termes de quantité et de productivité que le modèle intensif se distingue du modèle régénératif, mais à quel prix ? Ce rythme de production est-il réaliste au regard des ressources naturelles disponibles ? 

Manger tout en régénérant : contribuer à la restauration d’un écosystème grâce à notre consommation

Nous avons tous la capacité de régénérer la nature, la société et l’économie en soutenant le modèle régénérateur. En effet, nous pouvons consommer des aliments de qualité tout en soutenant des producteurs conscients et engagés envers leur terre. 

Aidez Santiaga et les autres producteurs d’AlVelAl Foods à étendre le modèle régénérateur et à régénérer le sud-est de l’Espagne.





Written by Farmers of CrowdFarming

Farmers of CrowdFarming

Share this content:

Keep digging ...

Agroécologie

min

Pourquoi la culture biologique des fruits à noyau est-elle si risquée ?

Les fruits à noyau d’été, tels que les pêches, les abricots, les nectarines et les cerises, comptent parmi les fruits les plus complexes à cultiver, en particulier dans le cadre d’un modèle d’agriculture biologique et régénérative. Leur cycle de croissance court, leur grande sensibilité aux conditions météorologiques et leur durée de vie limitée après la récolte créent un scénario où la marge d’erreur est minimale.Pourquoi la saison de croissance des fruits à noyau est-elle si courte ?La plupart des fruits à noyau d’été achèvent leur cycle de développement complet, de la floraison à la récolte, en moins de dix semaines. Cette évolution rapide réduit considérablement la marge d’erreur pour les agriculteurs.La volatilité climatique croissante en Europe ajoute une couche d’imprévisibilité. L’agriculteur biologique Jordi Garreta, dans la région de la Catalogne, en a subi les conséquences directes. Il nous a expliqué comment des pluies prolongées au printemps ont perturbé la nouaison et la maturation finale des fruits, affectant les volumes de récolte disponibles. De plus, plusieurs tempêtes de grêle ont endommagé et fendu une partie des fruits. Chaque variété présente des vulnérabilités spécifiques :Les cerises sont sujettes à un risque d’éclatement en cas de pluies soudaines.Les abricots sont particulièrement sensibles au stress thermique.Les pêches sont très vulnérables aux maladies fongiques en cas de forte humidité.L’approche biologique et régénérative face aux ravageurs et aux maladiesAgriculteur Jordi Garreta, Ferme Grup Garreta, EspagneEn agriculture conventionnelle, la lutte contre les ravageurs et les maladies repose souvent sur l’utilisation d’intrants de synthèse. L’approche biologique et régénérative, cependant, vise à créer un écosystème résilient, en s’attaquant à la cause profonde des ravageurs – un écosystème déséquilibré qui permet la croissance excessive d’un organisme spécifique – plutôt qu’à ses conséquences. Jordi Garreta l’explique ainsi :« Les principaux ravageurs et maladies sont les pucerons, les perce-oreilles (Forficula auricularia) et les champignons comme la Monilia et le Rhizopus. La meilleure façon de les combattre est d’avoir une culture bien équilibrée sur le plan nutritionnel, ce qui signifie que chaque arbre utilise ses propres outils pour lutter contre les ravageurs. Si cela ne suffit pas, nous utilisons du kaolin, du purin d’ortie ou de la terre de diatomées. Nous plantons des bandes fleuries et laissons pousser des herbes sauvages spontanées pour encourager la biodiversité, ce qui crée un écosystème plus résilient face aux ravageurs et bien d’autres avantages. » Jordi GarretaFarmer at Grup GarretaLa recherche scientifique soutient ces pratiques. Par exemple, une étude de 2022 a révélé que les rangées d’arbres les plus proches des bandes fleuries pérennes comptaient en moyenne 60 % de prédateurs en plus par branche, par rapport à celles des vergers témoins sans bandes fleuries. Ces méthodes ne s’attaquent pas seulement aux ravageurs à court terme, mais elles priorisent également la santé à long terme du sol et de l’écosystème, ce qui porte ses fruits en augmentant la résilience de ce dernier.Quels sont les fruits climatériques et comment cela affecte-t-il leur saveur ?La plupart des fruits à noyau (à l’exception des cerises) sont climactériques, ce qui signifie qu’ils continuent de mûrir après avoir été cueillis grâce à la production interne d’éthylène. Bien que cela permette aux agriculteurs d’expédier des fruits encore fermes, cela exige un timing précis. Une récolte trop précoce donne des fruits sans saveur ; une récolte trop tardive rend le transport difficile, surtout en agriculture biologique, où de nombreux conservateurs et traitements chimiques sont interdits.Les pertes post-récolte constituent l’un des plus grands défis auxquels le système alimentaire est confronté. Selon la FAO, les fruits et légumes subissent les taux de perte les plus élevés, dépassant 20 % à l’échelle mondiale avant même d’arriver dans les magasins. Au sein de cette catégorie, les fruits délicats et périssables comme les fruits à noyau sont particulièrement vulnérables aux dommages mécaniques et à la surmaturité, notamment en raison des températures élevées de leur saison de récolte et d’expédition.C’est là que les modèles de production divergent considérablement :Le modèle conventionnel : L’industrie agroalimentaire s’est adaptée à ces limites biologiques par une récolte précoce, un stockage au froid et la priorisation de variétés sélectionnées pour leur durabilité plutôt que pour leurs qualités organoleptiques (odeur et saveur). Les supermarchés exercent souvent une pression sur les producteurs pour qu’ils livrent des produits uniformes et durables à bas prix. Ce modèle dépend d’une chaîne du froide intensive et d’excédents de production, ce qui entraîne généralement un gaspillage alimentaire élevé et se fait au détriment de la saveur et de la densité nutritionnelle.Le modèle de la vente directe : Un système de vente directe permet aux agriculteurs de résoudre ces problèmes. En récoltant à la demande, le fruit est cueilli à son point de maturité physiologique, le stockage prolongé au froid est évité et la surproduction est réduite. Cela minimise non seulement le gaspillage alimentaire, mais préserve également l’intégrité du produit et permet des structures de prix plus justes qui reflètent le risque élevé et l’intensité de la main-d’œuvre nécessaires pour cultiver ces fruits sans intrants de synthèse.Guide pratique pour la conservation à la maisonUne fois que les fruits arrivent chez vous, une manipulation appropriée est essentielle pour profiter de leur qualité maximale.Maturation à température ambiante : Si vos pêches, nectarines ou abricots sont encore fermes, laissez-les à température ambiante, à l’abri de la lumière directe du soleil. Pour savoir si une pêche est mûre, la clé n’est pas toujours la couleur, mais le toucher et l’odeur. Vous saurez qu’ils sont prêts lorsqu’ils cèdent légèrement à une pression douce et dégagent un arôme parfumé.Réfrigération après maturation : Une fois mûrs, vous pouvez les placer au réfrigérateur pour prolonger leur durée de vie de quelques jours. Les basses températures (en particulier en dessous de 8 °C) peuvent altérer le développement de la saveur et de la texture des fruits qui n’ont pas encore mûri.Le cas des cerises : N’étant pas climactériques, les cerises ne mûrissent pas après la récolte. Elles doivent être réfrigérées immédiatement pour conserver leur fraîcheur.Laver juste avant de consommer : Évitez de laver les fruits avant de les ranger, car l’humidité peut accélérer leur détérioration. Lavez-les juste avant de les manger.Pour en savoir plus sur la manière de manipuler vos fruits d’été, vous trouverez ici un article spécifique pour vous guider.Un modèle résilient pour un secteur vulnérableAgricultrice Anita Minisci, Azienda Agricola San Mauro, ItalieLa combinaison entre les saisons courtes, la grande sensibilité au climat et les pressions du marché décrites précédemment rend la production de fruits à noyau biologiques particulièrement vulnérable. Alors que la volatilité climatique continue d’augmenter, une transition vers des modèles de production et d’approvisionnement plus résilients n’est pas seulement une préférence, mais une nécessité. Une chaîne d’approvisionnement directe et transparente, qui crée un lien direct entre l’agriculteur et le consommateur, représente ce changement essentiel. Ce modèle donne aux producteurs les moyens de prioriser la santé des sols et de récolter pour la qualité, garantissant ainsi un avenir plus juste et plus durable pour un secteur agricole difficile, mais vital.

Lire