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Sur le terrain

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Publié Mars 2026

Promenons-nous dans les bois pendant que les chanterelles poussoient

Les champignons, c’est de saison ! Au hasard d’une promenade en forêt dans les Vosges du Nord, à la frontière entre Alsace et Lorraine, nous sommes tombés sur un coin à chanterelles tubulaires, ces petits champignons oranges très goûteux, cousins des fameuses girolles. Et comme nous ne partons jamais sans un panier, on les a ramassés… Si les coins à champignons ne se partagent pas, les recettes si.

Dans la famille Schreiber, on ne sort jamais sans son panier. On ne sait jamais.
Dans la famille Schreiber, on ne sort jamais sans son panier. On ne sait jamais.

C’est sous les arbres résineux de la belle forêt des Vosges du Nord que les chanterelles à tubes (Craterellus tubaeformis, auparavant appelées Cantharellus tubaeformis) aiment à se déployer. Ce champignon a l’esprit de groupe : quand il y en a un, il y en a pour un régiment. C’est ce que nous avons découvert, dans ces bois très pourvus de mousse. Ce champignon est petit, orange, avec un chapeau convexe quand il est jeune, en entonnoir quand il a pris de l’âge. Que nous dit l’Atlas des champignons ?

Que la chanterelle en tube est « un très bon comestible qui pousse en abondance » que l’on peut « utiliser en omelette ou avec viandes et poissons ». Dont acte (lire plus bas). Le site nous apprend aussi que « cette espèce est vendue frauduleusement sur les marchés sous le nom de girolle ». Diantre. Enfin, que la chanterelle en tube « se conserve très bien, on peut en faire un condiment appréciable ».

D'accord, c'est un peu long la préparation des champignons. Mais c'est tellement bon !
D’accord, c’est un peu long la préparation des champignons. Mais c’est tellement bon !

Lors de la cueillette, il convient de penser à couper les pieds, et ôter les épingles de pin pour faciliter ensuite la préparation en cuisine. Première étape : laver délicatement les champignons à l’eau courante sans trop les mouiller sinon quoi ils se gorgeraient d’eau. Ensuite, cuisiner. Evidemment, l’omelette est une possibilité. On l’a testée. Approuvée. Mais pour varier (le panier était plein après cette cueillette), nous avons essayé une soupe aux chanterelles à la crème, à la façon finlandaise. Pour quatre personnes, il nous faut :

400 g de chanterelles hachées grossièrement / 45 g de beurre / 1 demi petit oignon émincé / 3 cuillères à soupe de farine / 800 ml de bouillon de légumes / 200 ml de crème épaisse / du poivre et du sel, du persil ciselé.

En premier lieu, faire suer l’oignon et les champignons dans le beurre. Saupoudrer de farine, verser le bouillon en mélangeant vigoureusement pour éviter les grumeaux. Laisser frémir le tout pendant un quart d’heure. Ajouter la crème, le sel et le poivre, porter au point d’ébullition, enlever du feu. Servir avec un peu de persil ciselé et, éventuellement, des petites tartines beurrées. Une autre recette finnoise ici.

Il en reste encore ? Allez, on se mitonne un émincé de poulet aux chanterelles.
Il en reste encore ? Allez, on se mitonne un émincé de poulet aux chanterelles.

Autre recette, l’émincé de poulet aux chanterelles façon Schreiber. Pour quatre personnes, il nous faut :

Quatre escalopes que l’on émince finement / 400 gr de chanterelles / une échalote / 200 ml de crème épaisse / du poivre et du sel / une pincée de curry berbère / du riz en accompagnement

En premier lieu, mettre les champignons dans une casserole sur le feu pour en tirer toute l’eau. Réserver. Couper les escalopes, les cuire à feu doux avec un peu d’huile d’olive ou du beurre. Réserver. Dans la casserole, mélanger les chanterelles avec le poivre, le sel et le curry berbère, ajouter la crème et laisser mijoter tranquillement. Cuire le riz. Ajouter le poulet dans la sauce aux champignons, laisser mijoter encore une dizaine de minutes avant de servir avec le riz. Accompagner le tout avec un petit blanc d’Alsace évidemment.

Une autre façon de consommer les champignons : les faire sécher.
Une autre façon de consommer les champignons : les faire sécher.

Pour conserver les champignons, ça va être du spore !

Manger des champignons c’est bon pour la santé. Champions du monde de teneur en vitamine B (surtout la B3 et la B2), et dans une moindre mesure en vitamine K, ils sont également très forts en minéraux (fer, zinc) et constituent l’une des meilleurs sources végétales de sélénium. Par rapport à d’autres champignons, la chanterelle contient plus de vitamines B3 et D, du fer et des bétacarotènes. C’est un allier de choix pour celles et ceux qui souhaitent faire attention à leur ligne, car peu calorique et fort en protéine.

En garder un peu pour prolonger le plaisir demande un peu de travail. Car les champignons se conservent, pour peu qu’ils soient congelés ou séchés. N’écoutant que notre courage, nous avons testé comment sécher des chanterelles. Deux solutions parmi d’autres, une simple et une plus complexe qui nécessite du matériel. La simple consiste à utiliser une planche en bois (ou une porte enlevée de ses gongs, si si, on l’a vu !) sur laquelle on pose du papier absorbant, et les champignons répartis sans être superposés. On laisse sécher jusqu’à ce qu’ils soient bien craquants et vidés de leur eau. La solution avec matériel s’appelle dessiccateur. C’est simple : un appareil qui produit de l’air chaud, des plateaux grillagés sur lesquels on pose les champignons, on branche et on attend que le voyant passe au vert. C’est prêt.

Dans les deux cas, les champignons séchés sont à entreposer dans des bocaux fermés et entreposés à l’abri de la lumière et dans un endroit sec. Ils se consomment ensuite, posés sur une pizza maison ou, après un passage dans un bol rempli d’eau, comme des champignons frais. Quelques précisions sur ce sujet ici. Bon appétit !

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Written by Anne Schreiber

Anne Schreiber

La Castafiore était-elle mariée à un clarinettiste ? En tout cas, Anne l'est. Notre journaliste alsacienne est une passionnée : de musique, de locavorisme et d'agriculture locale... Grande adepte des dictons (genre "c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes à condition d'y ajouter des légumes frais") elle n'hésite pas à associer ses enfants à ses expériences culinaires pour vérifier ses sources et écrire ses articles. Et avec elle, c'est toujours fromage (de chèvre) et dessert.

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L' »Allemand fou » 40 ans plus tard

Si vous accompagnez Friedrich dans sa propriété près de Gibraleón, vous n’entendrez qu’une chose : un concert tonitruant de chants d’oiseaux. Mais derrière cette idylle se cache une décision radicalement non conventionnelle prise il y a longtemps. Aujourd’hui certifié Demeter depuis 1994, il prouve que sa « folie » est la seule réponse logique à la crise de nos sols. Il y a quarante ans, Friedrich est tombé amoureux du domaine « Finca Jelanisol-Montebello » lors d’une visite en Espagne. À l’époque, il travaillait pour un intermédiaire pour des fruits et légumes produits de manière conventionnelle. Deux choses se sont produites qui l’ont fait réfléchir : Un ami lui a offert un livre sur la permaculture de Bill Mollison, qui l’a inspirée. Il visitait un champ en Italie et cherchait désespérément des vers de terre dans le sol. Lorsque l’agriculteur lui confirme qu’il n’y a pas de vers de terre « parce qu’il n’y en a pas besoin », Friedrich commence à réfléchir. Une vision globale : tout est connectéPour Friedrich, l’agriculture n’est pas un processus isolé, mais fait partie d’un tout. Il a une vision très holistique et philosophique du monde, dans laquelle tout – du microbiome du sol au consommateur – est lié. Pour lui, sa ferme n’est pas seulement un lieu de production, mais un organisme vivant dans lequel les hommes et la nature coexistent en harmonie. Il pense qu’une société pacifique ne peut émerger que si nous produisons en harmonie avec la nature. Si nous le faisons correctement, il y a assez pour tout le monde ; il suffit de ne pas détruire les bases. L’un des principaux moteurs de l’œuvre de Friedrich est une profonde inquiétude quant à l’état de notre alimentation moderne. Il explique que de nombreux aliments que nous consommons aujourd’hui sont « vides ». Il fait référence aux produits de l’agriculture conventionnelle qui, en raison des pesticides et d’un stockage prolongé, n’ont plus aucune valeur nutritionnelle significative. Il suit le principe « sol sain = personne saine ». Seule une terre vivante et régénérée peut produire des fruits qui nourrissent réellement le corps. L’une des premières choses que Friedrich a faites a été de créer un grand étang, non pas pour l’irrigation de la ferme, mais uniquement et exclusivement pour les oiseaux, les grenouilles, les canards et les poissons. Lorsqu’il pleut beaucoup, l’eau s’y écoule. Ils produisent eux-mêmes l’engrais organique à l’aide de micro-organismes et alimentent les arbres en minéraux en continu grâce à l’irrigation au goutte-à-goutte.

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La science derrière le sucre

Nous avons rendu visite à Antonio du domaine « Sicilian Passion » en Sicile. Dans une région traditionnellement connue pour ses agrumes, Antonio a décidé il y a quelques années de suivre une autre voie : il cultive des fruits de la passion (et même des papayes !). La détermination précise du moment de la récolte est un élément crucial de notre collaboration. Nos équipes effectuent des mesures de sucre directement sur le terrain. Un réfractomètre permet de déterminer la valeur Brix et de s’assurer que les fruits ont atteint la maturité physiologique et le profil aromatique requis. La récolte ne commence qu’une fois ces seuils atteints. Dans la vidéo ci-dessous, vous pouvez voir notre collègue Angelo prendre ces mesures. C’est très amusant, car vous vous projetez littéralement dans l’avenir. Caractéristiques de maturation et étymologieUne qualité importante du fruit de la passion est la texture de sa peau. Contrairement à de nombreux fruits, la règle est la suivante : plus les rides du fruit sont prononcées, plus sa teneur en sucre est élevée. En raison d’une légère évaporation au cours du processus de maturation, le sucre du fruit se concentre à l’intérieur, tandis que l’acidité diminue subtilement. Il y a deux récoltes par an, l’une pendant les mois d’hiver et l’autre pendant les mois d’été. C’est surtout en été que les fruits sont plus « ridés », car le liquide s’évapore plus rapidement sous l’effet de la chaleur. Saviez-vous que le nom « fruit de la passion » est dérivé de l’iconographie chrétienne ? Au XVIe siècle, les missionnaires espagnols ont interprété la structure complexe de la fleur comme un symbole de la Passion du Christ. Les filaments de la fleur étaient associés à la couronne d’épines, les trois stigmates aux clous de la croix et les cinq étamines aux plaies. Dans la galerie, vous trouverez une photo où cela est très clairement visible.

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Rouge sang et extrêmement délicieux

Pourquoi les oranges sanguines ne sont pas forcément toutes rouge sangNous avons visité la Sicile et rencontré Danilo d’AranceBio dans un champ où la récolte d’oranges sanguines était à son apogée. Vous pouvez non seulement voir les oranges mûres suspendues aux arbres, mais aussi les sentir. Le ciel est bleu, les arbres et la prairie sont verts, et les oranges pendent comme de petites lanternes dans les arbres. Le temps est ensoleillé mais très frais – même en Sicile, c’est l’hiver. C’est exactement le bon moment pour que les oranges mûrissent. Il faut un mélange de journées chaudes et de nuits fraîches pour que se développe l’anthocyanine, le pigment qui donne à la pulpe sa couleur rouge. Si les nuits sont trop chaudes, le pigment ne peut pas se former et votre orange sanguine risque d’être plus orange que rouge, mais tout aussi savoureuse. Danilo cultive deux variétés différentes : la Moro, qui est un peu plus acide et dont la chair est d’un rouge profond (s’il fait assez froid !) et la Tarocco, qui est un peu plus sucrée et très douce. C’est un peu comme un enfant qui ouvre un œuf Kinder. De l’extérieur, vous ne pouvez pas savoir si le fruit sera rouge ou simplement orange. Compte tenu de l’augmentation des périodes de sécheresse, Danilo s’appuie sur une couverture végétale permanente. Ce tapis naturel protège le sol et sert de réservoir d’eau, stockant l’eau précieuse pendant les périodes de sécheresse – préservant ainsi la résilience de la nature. Nous avons évidemment dû demander ce que nous devions manger en Sicile, et Danilo nous a recommandé deux plats : les traditionnelles Pasta con le Sarde (quoi d’autre ?!) et ces boulettes de riz frites appelées Arancini.

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