
Publié Mars 2026
Qui vient bricoler ce soir ? J’ai testé Youpijob
Il est si facile aujourd’hui de se faire aider. Des compétences il y en a partout, il suffit de cliquer. Sur Youpijob, j’ai trouvé le bricoleur idéal…
D’accord je vous raconte ma vie mais c’est pour la bonne cause. Voici donc toute l’histoire, enfin je vous la fait courte. On m’offre un grand miroir pour mon anniversaire. Un beau miroir légèrement moucheté magnifiquement assorti à mon salon. A peine déballé, je lui trouve sa place sans hésiter, ce sera au-dessus du buffet. Il ne me reste plus qu’à l’accrocher et à mirer dedans. Et là ça se corse. 1/L’objet pèse son poids, 2/ le mur est en pierres apparentes pas du tout droit, 3/ je n’ai pas ni perceuse ni compétence en posage de cheville.

Evidemment, si j’avais écouté ma mère j’aurais épousé un bricoleur mais il n’en est rien. Aucune aide possible de ce côté-là. Si j’avais écouté ma sœur, j’aurais appelé mon père à la rescousse. Mais arrive un âge où il est bon de s’émanciper. Reste la piste des voisins, alerter toute la cage d’escalier, demander conseils, trouver celui qui aura la bonne perceuse et me lancer. D’accord mais si le miroir me tombe sur le pied ? Sept ans de malheur sont si vite arrivés. Je me résigne à passer par un expert. J’assume, moi Hélène B. quarante ans passés, suis incapable de me servir d’une perceuse à percussion, d’ailleurs je n’en ai pas, et vais donc faire appel à un professionnel. C’est dit, c’est presque fait.

Et on on appelle qui quand on a besoin d’un accrocheur de miroir ? Youpijob pardi ! La plateforme collaborative numéro 1 du recrutement entre particuliers née il y a 18 mois. Nettoyage, bricolage, jardinage, déménagement, sur le site 20 000 jobeurs (dont 4000 particulièrement actifs) proposent leurs services à des posteurs (des gens comme moi donc). Les annonces sont très variées, en juillet dernier, il y a même un posteur qui cherchait à recruter 100 crêpiers (et qui en a trouvé 67). L’an passé, 700 000 euros de jobs ont été réalisés. Ma requête ne figurera pas dans les annales, m’apprend Juliette la responsable Marketing de Youpijob, le bricolage arrive en tête des demandes et plus particulièrement l’accrochage de trucs.

Une fois inscrite en trois clics chrono sur le site, je rédige mon texte : « Je cherche une personne pour accrocher un miroir plutôt lourd sur un mur de pierres. Des volontaires ? » C’est pas de la grande poésie mais ça fonctionne. A peine une heure plus tard, j’ai déjà une dizaine de propositions.
Celle de Carlos L. retient mon attention : « Bonsoir Hélène. Je suis technicien, j’ai les outils pour percer le mur, les bras pour accrocher le miroir et en plus je suis volontaire. Je n’attends plus que vous me contactiez pour fixer un rendez-vous. » Son prix ? 25 euros. Un peu plus cher que Hafid Y. mais son message me séduit davantage. M’étonnerait pas que Carlos fasse un carton sur Meetic. Un système de notation me permet de constater que mon jobeur n’est pas seulement beau parleur mais aussi compétent (ses précédents clients sont tous super contents). Je mets donc Carlos dans mon panier, m’acquitte de la somme requise par carte bancaire et attends de recevoir ses coordonnées.

Quelques minutes plus tard, me voilà en grande conversation téléphonique avec mon sauveur. Je lui raconte mon miroir, mon mur, on parle clous, attaches, chevilles puis disponibilités. « Demain matin, c’est possible ? Magnifique ! » On prend rendez-vous et on raccroche. La vie est parfois si facile.
Vendredi, 10h, voilà Carlos qui frappe au carreau avec sa trousse à outils de compétition sur roulettes. Je lui présente l’engin à poser, on prend les mesures et c’est parti. Pendant que le spécialiste manie la perceuse, on discute du pourquoi du comment. Pourquoi Carlos à Youpi Job ? Parce que le spécialiste est artisan de métier et cherche en plus de ses chantiers des petites missions ici et là pour arrondir les fins de mois. Sur ce coup-là, il touchera 21,5 euros qu’il déclarera à la fin de l’année aux impôts, la plateforme Youpijob prélèvant 15% des prestations dans la limite des 60 euros.

Mais si Carlos est un jobeur, c’est aussi parce que tout ce mouvement de consommation collaborative, ça le passionne. Son rêve serait même d’aboutir à une société sans argent où l’on s’échangerait savoirs et services. « On n’y est pas mais j’aime bien y croire. » En attendant, Carlos projette de construire un éco-hameau à plusieurs, « dans le Sud, j’ai besoin de soleil. »
Le miroir est accroché depuis longtemps mais on poursuit sur la décroissance, les panneaux solaires pas forcément si écolos, on s’extasie devant les menuisiers capables de concevoir des portes rondes, on commente ma nouvelle carriole hyper pratique pour transporter des planches… On se quitte déjà ? Avant d’aller m’admirer dans le miroir, je lui livre le mot de passe fourni par Youpijob, sésame pour qu’il se fasse payer. On se quitte chaleureusement, contents d’avoir aussi passé un bon moment. Mon dieu quel bonheur, mon dieu quel bonheur d’avoir un jobeur qui bricole. Mon dieu quel bonheur, mon dieu quel bonheur d’avoir un jobeur bricoleur.
Written by Hélène Binet
Son sourire est invincible mais sa vie semble impossible. Hélène écrit pour ce blog, pour des sites d'information alternatifs ou la presse traditionnelle ; elle publie des guides aussi différents que "Les arbres remarquables d'Isère" ou "Belle et bio à Paris" ; elle gère sa propre Ruche, l'une des premières et des plus grandes de France ; elle a trois enfants ; elle élève un chat. Quand on y pense on perd haleine. Pas elle.


