
Publié Mars 2026
Va, je ne te hais coing !
On pensait que l’histoire de l’humanité tenait à une pomme, il semblerait que le coing y soit aussi pour quelque chose. Le coing aime les histoires d’amour. Nathalie aussi. Récit historico-botanique-love-love.

On ne peut pas dire que sa culture soit nouvelle. Le cognassier est originaire des régions tempérées de la mer Caspienne à la mer Noire. On le trouvait sauvage du Caucase au nord de l’Iran. Dans l’ancienne Perse et en Anatolie, il a été cultivé depuis plus de 4 000 ans.
Si on en croit les textes anciens, il aurait atteint les régions méditerranéennes à l’époque classique. Il trouva dans la douceur de la Crête les conditions idéales à son meilleur développement. Le climat suffisamment chaud et clément permettait la maturation complète du fruit à l’automne. Aussi, c’est cru que les anciens le consommaient.
La variété la plus appréciée provenait de la région de La Canée « Kydonia » sur la côte nord-ouest de la Crète. Les Grecs en faisaient leurs délices, fourrés de miel. On lui avait donné de biens jolis noms en ce temps-là : « Pomme d’or » ou « Poire de Cydonie » Car voyez-vous selon la variété le coing ressemble à une poire ou une pomme !

Saviez-vous que la célèbre Pomme d’or offerte à Aphrodite par Pâris était en réalité un coing ? Le héros avait désigné ainsi la plus belle des déesses, en échange de la promesse qu’il pourrait épouser la belle Hélène. Il n’en fallait pas davantage pour que le coing devienne le cadeau rituel fait à l’occasion de mariages. Arrivé sur l’Ile avec le culte d’Aphrodite, le coing devint un symbole de prospérité amoureuse et de réussite de l’union des fiancés (amour, amour quand tu nous tiens…).
Et c’est pourquoi, la mariée grecque grignotait un coing pour parfumer son baiser avant d’entrer dans la chambre nuptiale, « afin que le premier salut ne soit ni désagréable, ni déplaisant »
Dis-moi Vénus quel plaisir trouves-tu à faire ainsi cascader, cascader la vertu ?
Les Romains aussi utilisaient le coing. Le livre de cuisine romaine d’Apicius donne des recettes de ragoût de coing avec du miel et propose même un mélange, inattendu pour nous, avec des poireaux. Pline l’Ancien distingue quatre variétés de coings. Certains si parfumés qu’on les pose dans les chambres à coucher (décidément nous y revoilà ! ). Il raffole des « … petits coings sauvages, des plus odorants ; ils viennent dans les haies. »

Le fruit pelucheux, introduit en Provence dès le XVe siècle connut vite une grande popularité. Souvent planté dans les haies pour délimiter les parcelles, le terme de « cognassier » fut même synonyme de limite, dans le Sud-Ouest.
Le coing semble être le fruit ayant connu le moins de modifications dans son aspect et dans ses caractéristiques. Les quelques variétés commercialisées aujourd’hui restent les mêmes que celles du siècle passé. Bien que limitée, la production française de coing atteint tout de même quelques milliers de tonnes. Elle est surtout localisée dans la Drôme, en Savoie et dans les Bouches-du-Rhône. Dans le monde, c’est la Turquie qui est le premier producteur de coing.
Alors puisqu’il est encore temps de s’offrir du bonheur pour l’année à venir, vite confectionnez la pâte de coing et la délicieuse gelée ! Et dans une jolie assiette, deux ou trois fruits posés près de votre lit. N’oubliez-pas : Aphrodite favorise ceux qui l’honorent…

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