Vous cherchez autre chose ? 

Nous sommes joignables par email.

Sur le terrain

min

Publié Mars 2026

La bigaille, le bar associatif où l’on ripaille local

Ils poussent un peu partout dans l’Hexagone. Les bars associatifs réinventent le monde autour d’une bière locale et artisanale. Découverte de l’un d’entre eux en Charente-Maritime.

C’est une maison « bio », blottie au cœur du village… / On y vient à pied On ne frappe pas / Ceux qui vivent là ont jeté la clé… Nul besoin d’aller jusqu’à San Francisco : la Bigaille, bar associatif culturel vous attend à Marennes, en Charente-Maritime !
P1000123_5

« La Bigaille » quel nom bizarre ! Il faut vraiment être un local pour savoir à quoi ce mot argotique renvoie. D’abord, il fait référence aux moustiques qui peuplent par nuées nos marais, ça c’est pas trop réjouissant ! Mais la bigaille, c’est aussi la mitraille, la petite monnaie de faible valeur, le menu fretin qui pris tout seul, ne présente pas un grand intérêt. Mais dès que ces petites valeurs sont réunies forment ensemble un tout bien solide, bien fort.

C’est ça la Bigaille de Marennes : un lieu permettant la réunion de toutes les bonnes volontés pour s’exprimer, partager et s’enrichir humainement. Reprenons l’histoire…

Au début, en 2010, imaginez une caserne de pompiers mais sans plus aucun camion rouge ni lance puissante…bref une caserne abandonnée. Prenez une poignée de bénévoles qui ont tous le même rêve : placer le lien social au centre de leur projet, dans un cadre ouvert et participatif…ils créent alors l’association La Grande Echelle (normal pour une ancienne caserne).

P1000120_2

Grâce au beurre dans les épinards fourni par la municipalité, la région Poitou-Charentes et l’Europe, voilà nos valeureux bénévoles partis pour se retrousser les manches et réhabiliter ce local tout en terre et en paille sur bois. D’abord, pour commencer à fédérer, pour réunir compétences et bénévolat et « faire démarrer la base de ce qui doit faire vivre ce lieu : un collectif actif ! ».

Le choix de la bio-construction, c’était pour accueillir dans un cadre agréable non nocif pour la santé et pour pouvoir utiliser des matériaux locaux : les bottes de paille ont été dégotées par la confédération Paysanne 17 et c’est un menuisier d’un village à 6 km de là qui a aidé aux choix en essences d’arbres et en fournisseurs. Des « compaillons » ont été conviés sur le chantier et roule charrette, la Bigaille est née !

Le lieu est modulable : d’un côté, vous avez un lieu de vie comme à la maison (avec canapé, fauteuils et jeux de société) permettant l’accueil de manifestations de petites envergures dans une ambiance intime et de l’autre une petite salle de spectacle pouvant accueillir 150 personnes. Mais attention, ici, on ne parle pas d’argent ou de consommation mais d’implication et de participation : si vous venez, vous ne serez pas un client mais un adhérent de l’association.

P1000121_3

Et il y a plein de raisons d’y venir ! Avant tout, la Bigaille est un bar associatif pluriculturel qui ouvre grand la porte à toutes les pratiques artistiques. Pour toucher tout le monde, de 7 à 77 ans, les prix sont abordables et favorisent rencontres, échanges conviviaux et débats. On y croise musiciens, conteurs, photographes, chanteurs, danseurs, artistes de cirque, comédiens… il suffit de découvrir la programmation pour voir qu’il y en a pour tous les goûts.

Dans cette salle faite de terre et de paille, tout rime avec partage : des postes informatiques mis à disposition, des propositions de covoiturages, du prêt de matériel pour dépanner, la mise en place d’une zone de gratuité où vous pouvez donner et prendre tout ce qu’il vous plaît… le principal est de sensibiliser, de participer et de faire un pied de nez solidaire à la consommation abusive (trop facile quand on a le pif d’un moustique !). « La Bigaille se veut être un outil d’émancipation, de prises d’initiatives et de transmission de savoir-faire. »

P1000122_4

Pluriculturel vous dites… alors, un rapport avec l’agriculture locale ? Oui ! Le bar sert déjà des bières du coin, du pineau des Charentes et de la limonade de l’Ile d’Oléron (à tomber !). Quand on sort des tapas et des sandwichs à la Bigaille, c’est qu’ils viennent d’être préparés à partir de produits locaux et le projet d’une épicerie sociale, couplée à des ateliers du goût est même en incubation. De quoi vraiment donner envie aux membres des ruches, les abeilles que nous sommes de taper la causette avec les moustiques. On a manifestement plein de choses à se dire !

Written by Gaelle Petit

Gaelle Petit

Cette amoureuse de la nature tendance fleur bleue est une véritable reine des abeilles (les vraies qui font du miel ! ) depuis 10 ans. Biologiste, nouvellement professeur des écoles, elle délivre sa science aux enfants de sa Charente natale. Chez elle, c'est bricolage, trucs et astuces anti-gaspillage à tous les étages. Logique, pour une adepte de la sobriété heureuse.

Share this content:

Keep digging ...

Sur le terrain

3 min

L' »Allemand fou » 40 ans plus tard

Si vous accompagnez Friedrich dans sa propriété près de Gibraleón, vous n’entendrez qu’une chose : un concert tonitruant de chants d’oiseaux. Mais derrière cette idylle se cache une décision radicalement non conventionnelle prise il y a longtemps. Aujourd’hui certifié Demeter depuis 1994, il prouve que sa « folie » est la seule réponse logique à la crise de nos sols. Il y a quarante ans, Friedrich est tombé amoureux du domaine « Finca Jelanisol-Montebello » lors d’une visite en Espagne. À l’époque, il travaillait pour un intermédiaire pour des fruits et légumes produits de manière conventionnelle. Deux choses se sont produites qui l’ont fait réfléchir : Un ami lui a offert un livre sur la permaculture de Bill Mollison, qui l’a inspirée. Il visitait un champ en Italie et cherchait désespérément des vers de terre dans le sol. Lorsque l’agriculteur lui confirme qu’il n’y a pas de vers de terre « parce qu’il n’y en a pas besoin », Friedrich commence à réfléchir. Une vision globale : tout est connectéPour Friedrich, l’agriculture n’est pas un processus isolé, mais fait partie d’un tout. Il a une vision très holistique et philosophique du monde, dans laquelle tout – du microbiome du sol au consommateur – est lié. Pour lui, sa ferme n’est pas seulement un lieu de production, mais un organisme vivant dans lequel les hommes et la nature coexistent en harmonie. Il pense qu’une société pacifique ne peut émerger que si nous produisons en harmonie avec la nature. Si nous le faisons correctement, il y a assez pour tout le monde ; il suffit de ne pas détruire les bases. L’un des principaux moteurs de l’œuvre de Friedrich est une profonde inquiétude quant à l’état de notre alimentation moderne. Il explique que de nombreux aliments que nous consommons aujourd’hui sont « vides ». Il fait référence aux produits de l’agriculture conventionnelle qui, en raison des pesticides et d’un stockage prolongé, n’ont plus aucune valeur nutritionnelle significative. Il suit le principe « sol sain = personne saine ». Seule une terre vivante et régénérée peut produire des fruits qui nourrissent réellement le corps. L’une des premières choses que Friedrich a faites a été de créer un grand étang, non pas pour l’irrigation de la ferme, mais uniquement et exclusivement pour les oiseaux, les grenouilles, les canards et les poissons. Lorsqu’il pleut beaucoup, l’eau s’y écoule. Ils produisent eux-mêmes l’engrais organique à l’aide de micro-organismes et alimentent les arbres en minéraux en continu grâce à l’irrigation au goutte-à-goutte.

Lire

Sur le terrain

min

La science derrière le sucre

Nous avons rendu visite à Antonio du domaine « Sicilian Passion » en Sicile. Dans une région traditionnellement connue pour ses agrumes, Antonio a décidé il y a quelques années de suivre une autre voie : il cultive des fruits de la passion (et même des papayes !). La détermination précise du moment de la récolte est un élément crucial de notre collaboration. Nos équipes effectuent des mesures de sucre directement sur le terrain. Un réfractomètre permet de déterminer la valeur Brix et de s’assurer que les fruits ont atteint la maturité physiologique et le profil aromatique requis. La récolte ne commence qu’une fois ces seuils atteints. Dans la vidéo ci-dessous, vous pouvez voir notre collègue Angelo prendre ces mesures. C’est très amusant, car vous vous projetez littéralement dans l’avenir. Caractéristiques de maturation et étymologieUne qualité importante du fruit de la passion est la texture de sa peau. Contrairement à de nombreux fruits, la règle est la suivante : plus les rides du fruit sont prononcées, plus sa teneur en sucre est élevée. En raison d’une légère évaporation au cours du processus de maturation, le sucre du fruit se concentre à l’intérieur, tandis que l’acidité diminue subtilement. Il y a deux récoltes par an, l’une pendant les mois d’hiver et l’autre pendant les mois d’été. C’est surtout en été que les fruits sont plus « ridés », car le liquide s’évapore plus rapidement sous l’effet de la chaleur. Saviez-vous que le nom « fruit de la passion » est dérivé de l’iconographie chrétienne ? Au XVIe siècle, les missionnaires espagnols ont interprété la structure complexe de la fleur comme un symbole de la Passion du Christ. Les filaments de la fleur étaient associés à la couronne d’épines, les trois stigmates aux clous de la croix et les cinq étamines aux plaies. Dans la galerie, vous trouverez une photo où cela est très clairement visible.

Lire

Sur le terrain

2 min

Rouge sang et extrêmement délicieux

Pourquoi les oranges sanguines ne sont pas forcément toutes rouge sangNous avons visité la Sicile et rencontré Danilo d’AranceBio dans un champ où la récolte d’oranges sanguines était à son apogée. Vous pouvez non seulement voir les oranges mûres suspendues aux arbres, mais aussi les sentir. Le ciel est bleu, les arbres et la prairie sont verts, et les oranges pendent comme de petites lanternes dans les arbres. Le temps est ensoleillé mais très frais – même en Sicile, c’est l’hiver. C’est exactement le bon moment pour que les oranges mûrissent. Il faut un mélange de journées chaudes et de nuits fraîches pour que se développe l’anthocyanine, le pigment qui donne à la pulpe sa couleur rouge. Si les nuits sont trop chaudes, le pigment ne peut pas se former et votre orange sanguine risque d’être plus orange que rouge, mais tout aussi savoureuse. Danilo cultive deux variétés différentes : la Moro, qui est un peu plus acide et dont la chair est d’un rouge profond (s’il fait assez froid !) et la Tarocco, qui est un peu plus sucrée et très douce. C’est un peu comme un enfant qui ouvre un œuf Kinder. De l’extérieur, vous ne pouvez pas savoir si le fruit sera rouge ou simplement orange. Compte tenu de l’augmentation des périodes de sécheresse, Danilo s’appuie sur une couverture végétale permanente. Ce tapis naturel protège le sol et sert de réservoir d’eau, stockant l’eau précieuse pendant les périodes de sécheresse – préservant ainsi la résilience de la nature. Nous avons évidemment dû demander ce que nous devions manger en Sicile, et Danilo nous a recommandé deux plats : les traditionnelles Pasta con le Sarde (quoi d’autre ?!) et ces boulettes de riz frites appelées Arancini.

Lire