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Sur le terrain

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Publié Mars 2026

Dans la peau d’un Farmer Hunter

La vie d’un Farmer Hunter (“chasseur d’agriculteur”) chez CrowdFarming est pleine de rebondissements. C’est un métier avec des tâches plus passionnantes et enrichissantes les unes que les autres mais c’est aussi savoir faire preuve d’une grande capacité d’adaptation.

La mission des Farmer Hunters est d’accompagner les agriculteurs dans toutes leurs démarches au sein de CrowdFarming : explication du concept, publication sur la plateforme et accompagnement logistique et commercial. Le poste consiste également à rechercher les futurs protagonistes qui, grâce à ce nouveau modèle, pourront mettre en place leur propre canal de vente directe afin de recevoir un prix plus juste pour leurs récoltes tout en créant plus de liens avec les consommateurs. 

Les critères demandés aux agriculteurs sont de produire de façon éthique, avec une conscience environnementale et d’être partants pour recevoir les CrowdFarmers (utilisateurs de la plateforme) dans leurs fermes, le tout avec le sourire. C’est un concept qui doit résonner en eux.

Au-delà d’un simple modèle de commercialisation, c’est une nouvelle aventure qui, depuis 2017, crée une relation directe et transparente entre producteurs et consommateurs. Mais pour que cela fonctionne, les Farmers Hunters doivent s’armer de beaucoup d’énergie, de motivation et de patience ! 

Interview avec Agathe, notre Farmer Hunter pour le marché français 

Depuis son arrivée chez CrowdFarming, Agathe a l’impression d’exercer plusieurs métiers à la fois. Elle partage avec nous aujourd’hui son arrivée et son expérience mouvementée au sein d’un marché et d’une entreprise en pleine croissance. 

Antonia Herm-Stapelberg (Farmer Hunter pour l’Allemagne) et Agathe Ortolo (Farmer Hunter pour la France)


Comment as-tu vécu ton arrivée chez CrowdFarming en pleine pandémie ? 

Comme pour tous, l’arrivée du covid-19 dans nos vies a été synonyme de perte de proximité sociale. Forcément, cela a été plus difficile et compliqué de tisser des liens avec les producteurs, ce qui s’est révélé être un sacré challenge à surmonter. Il fallut aussi s’adapter afin de trouver des solutions pour pallier aux problèmes de commercialisation que les agriculteurs pouvaient rencontrer lorsque certains secteurs étaient totalement à l’arrêt. À notre échelle, ce fut l’occasion de leur offrir la possibilité de vendre leurs excédents de récolte non écoulés.

Quels sont les principaux challenges de ton métier ?

Être Farmer Hunter c’est d’abord “être Farmer”. C’est savoir se mettre à leur place et comprendre leur quotidien, leurs enjeux afin de pouvoir les accompagner au mieux dans la commercialisation de leurs produits sur notre plateforme. Nous rencontrons des challenges à tous les niveaux : sélection des produits, démarches administratives, organisation des séances photos, aide et suivi logistique, suivi des ventes, mise en place des axes d’amélioration etc. C’est un travail où il faut être très réactif et s’adapter rapidement à toutes les situations.

Il y a aussi parfois des tournages à organiser en un temps record, trouver des CrowdFarmers à interviewer à la dernière minute ou encore répondre à des médias en laissant le stress de côté. Nous n’avons pas le temps de nous ennuyer ! 

C’est la première fois que tu travailles au sein d’une start-up ?

Oui !  Après plusieurs expériences dans des entreprises plus “classiques”, quel plaisir de découvrir le dynamisme d’une entreprise dans laquelle chacune de nos actions a de réelles répercussions. On ressent plus d’autonomie et chaque initiative est entendue et souvent mise en place de façon proactive. C’est aussi faire partie d’une aventure unique et innovante, qui soutient la promotion d’une agriculture plus durable, plus respectueuse de l’environnement et plus juste pour nos agriculteurs. 

Comment se passe le développement du marché français ?

Rechercher et accompagner des agriculteurs français n’est pas une mince affaire. Il y a tellement de diversité agricole en France que le champ des possibles est immense. La France a plus de 50 % de son territoire recouvert de cultures ou d’élevages avec une grande diversité de produits. Il faut se demander constamment ce que recherchent les consommateurs européens et faire ensuite la meilleure sélection de produits possible. Mais il faut aussi savoir la faire évoluer, la remettre en question et l’ajuster au besoin.

Quel impact concret observes-tu dans la vie des agriculteurs ?

Pour la plupart d’entre eux, vendre leurs produits directement aux consommateurs finaux est un concept complètement nouveau et ils en sont très contents ! Nous avons réalisé l’année dernière une étude sur l’impact de la vente directe et les résultats sont clairs : il y a une nette amélioration tant au niveau économique et social que sur l’impact environnemental.

Par exemple, Charles, producteur de camembert, a été victime de son propre succès et a réussi à embaucher de nouvelles personnes et à augmenter son volume de production. Avec lui, nous nous sommes adaptés, passant de trois livraisons par an à une livraison tous les dix jours tout au long de l’année. Voir les agriculteurs grandir avec nous et développer leurs activités avec le sourire et l’envie d’aller toujours plus loin est un vrai privilège. 

Camembert Les 5 frères Crowdfarming


Comme nous pouvons le constater avec cette interview riche en informations, le métier de Farmer Hunter est très intéressant car il offre la possibilité de travailler de près avec des agriculteurs désireux de révolutionner la chaîne alimentaire traditionnelle. C’est un travail en équipe captivant qui, en plus de la motivation, demande d’avoir une réelle passion pour l’agriculture.




Written by Giovanna Rodrigues

Giovanna Rodrigues

Giovanna es experta en comunicación. La alimentación, la agricultura y la sostenibilidad son sus áreas de interés y competencia. También es una apasionada de la música y le encanta debatir sobre cómo encontrar soluciones sostenibles para el futuro, mientras se toma una copa de vino (de Burdeos, a ser posible).

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L' »Allemand fou » 40 ans plus tard

Si vous accompagnez Friedrich dans sa propriété près de Gibraleón, vous n’entendrez qu’une chose : un concert tonitruant de chants d’oiseaux. Mais derrière cette idylle se cache une décision radicalement non conventionnelle prise il y a longtemps. Aujourd’hui certifié Demeter depuis 1994, il prouve que sa « folie » est la seule réponse logique à la crise de nos sols. Il y a quarante ans, Friedrich est tombé amoureux du domaine « Finca Jelanisol-Montebello » lors d’une visite en Espagne. À l’époque, il travaillait pour un intermédiaire pour des fruits et légumes produits de manière conventionnelle. Deux choses se sont produites qui l’ont fait réfléchir : Un ami lui a offert un livre sur la permaculture de Bill Mollison, qui l’a inspirée. Il visitait un champ en Italie et cherchait désespérément des vers de terre dans le sol. Lorsque l’agriculteur lui confirme qu’il n’y a pas de vers de terre « parce qu’il n’y en a pas besoin », Friedrich commence à réfléchir. Une vision globale : tout est connectéPour Friedrich, l’agriculture n’est pas un processus isolé, mais fait partie d’un tout. Il a une vision très holistique et philosophique du monde, dans laquelle tout – du microbiome du sol au consommateur – est lié. Pour lui, sa ferme n’est pas seulement un lieu de production, mais un organisme vivant dans lequel les hommes et la nature coexistent en harmonie. Il pense qu’une société pacifique ne peut émerger que si nous produisons en harmonie avec la nature. Si nous le faisons correctement, il y a assez pour tout le monde ; il suffit de ne pas détruire les bases. L’un des principaux moteurs de l’œuvre de Friedrich est une profonde inquiétude quant à l’état de notre alimentation moderne. Il explique que de nombreux aliments que nous consommons aujourd’hui sont « vides ». Il fait référence aux produits de l’agriculture conventionnelle qui, en raison des pesticides et d’un stockage prolongé, n’ont plus aucune valeur nutritionnelle significative. Il suit le principe « sol sain = personne saine ». Seule une terre vivante et régénérée peut produire des fruits qui nourrissent réellement le corps. L’une des premières choses que Friedrich a faites a été de créer un grand étang, non pas pour l’irrigation de la ferme, mais uniquement et exclusivement pour les oiseaux, les grenouilles, les canards et les poissons. Lorsqu’il pleut beaucoup, l’eau s’y écoule. Ils produisent eux-mêmes l’engrais organique à l’aide de micro-organismes et alimentent les arbres en minéraux en continu grâce à l’irrigation au goutte-à-goutte.

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La science derrière le sucre

Nous avons rendu visite à Antonio du domaine « Sicilian Passion » en Sicile. Dans une région traditionnellement connue pour ses agrumes, Antonio a décidé il y a quelques années de suivre une autre voie : il cultive des fruits de la passion (et même des papayes !). La détermination précise du moment de la récolte est un élément crucial de notre collaboration. Nos équipes effectuent des mesures de sucre directement sur le terrain. Un réfractomètre permet de déterminer la valeur Brix et de s’assurer que les fruits ont atteint la maturité physiologique et le profil aromatique requis. La récolte ne commence qu’une fois ces seuils atteints. Dans la vidéo ci-dessous, vous pouvez voir notre collègue Angelo prendre ces mesures. C’est très amusant, car vous vous projetez littéralement dans l’avenir. Caractéristiques de maturation et étymologieUne qualité importante du fruit de la passion est la texture de sa peau. Contrairement à de nombreux fruits, la règle est la suivante : plus les rides du fruit sont prononcées, plus sa teneur en sucre est élevée. En raison d’une légère évaporation au cours du processus de maturation, le sucre du fruit se concentre à l’intérieur, tandis que l’acidité diminue subtilement. Il y a deux récoltes par an, l’une pendant les mois d’hiver et l’autre pendant les mois d’été. C’est surtout en été que les fruits sont plus « ridés », car le liquide s’évapore plus rapidement sous l’effet de la chaleur. Saviez-vous que le nom « fruit de la passion » est dérivé de l’iconographie chrétienne ? Au XVIe siècle, les missionnaires espagnols ont interprété la structure complexe de la fleur comme un symbole de la Passion du Christ. Les filaments de la fleur étaient associés à la couronne d’épines, les trois stigmates aux clous de la croix et les cinq étamines aux plaies. Dans la galerie, vous trouverez une photo où cela est très clairement visible.

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Rouge sang et extrêmement délicieux

Pourquoi les oranges sanguines ne sont pas forcément toutes rouge sangNous avons visité la Sicile et rencontré Danilo d’AranceBio dans un champ où la récolte d’oranges sanguines était à son apogée. Vous pouvez non seulement voir les oranges mûres suspendues aux arbres, mais aussi les sentir. Le ciel est bleu, les arbres et la prairie sont verts, et les oranges pendent comme de petites lanternes dans les arbres. Le temps est ensoleillé mais très frais – même en Sicile, c’est l’hiver. C’est exactement le bon moment pour que les oranges mûrissent. Il faut un mélange de journées chaudes et de nuits fraîches pour que se développe l’anthocyanine, le pigment qui donne à la pulpe sa couleur rouge. Si les nuits sont trop chaudes, le pigment ne peut pas se former et votre orange sanguine risque d’être plus orange que rouge, mais tout aussi savoureuse. Danilo cultive deux variétés différentes : la Moro, qui est un peu plus acide et dont la chair est d’un rouge profond (s’il fait assez froid !) et la Tarocco, qui est un peu plus sucrée et très douce. C’est un peu comme un enfant qui ouvre un œuf Kinder. De l’extérieur, vous ne pouvez pas savoir si le fruit sera rouge ou simplement orange. Compte tenu de l’augmentation des périodes de sécheresse, Danilo s’appuie sur une couverture végétale permanente. Ce tapis naturel protège le sol et sert de réservoir d’eau, stockant l’eau précieuse pendant les périodes de sécheresse – préservant ainsi la résilience de la nature. Nous avons évidemment dû demander ce que nous devions manger en Sicile, et Danilo nous a recommandé deux plats : les traditionnelles Pasta con le Sarde (quoi d’autre ?!) et ces boulettes de riz frites appelées Arancini.

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