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Sur le terrain

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Publié Février 2026

Disparition trop ordinaire d’un éleveur laitier

Cette fois c’est terminé. Philippe Ridet peut ranger son matériel de traite et jeter son réveil. Le 5 septembre 2014, la liquidation judiciaire de son exploitation a officiellement été prononcée. Trop de difficultés à maintenir son paquebot fermier. L’Ile-de-France raye de sa carte un nouvel éleveur laitier. L’hécatombe fermière n’en finir donc jamais ?

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Pourtant il y croyait Philippe. « C’est un rêve de gosse, une passion qui ne m’a jamais quitté : devenir éleveur laitier. Il y a 14 ans, je me suis installé à Allainville dans les Yvelines et me suis endetté pour une trentaine d’années. » Pour s’installer, construire un toit pour ses bêtes (pas pour lui, il vit toujours dans une caravane) et une fromagerie aux normes ultra- draconiennes, Philippe emprunte plusieurs centaines de milliers d’euros. C’est beaucoup. Trop sans doute. « C’est parfois dur mais je ne regrette pas, » confie-t-il en 2012, jonglant entre les traites des vaches et celles de ses banquiers.

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Autour de lui, pourtant, c’est la dégringolade. La France perd en 10 ans 42% de ses exploitations laitières (entre 2000 et 2010). Le cours du lait chute, la fin des quotas laitiers s’annonce mais Philippe veut y croire. Vendre son lait à la laiterie ne permet pas aux petits éleveurs de s’en sortir ? Il choisit dès le départ de transformer l’intégralité du nectar de ses 75 vaches. « A partir de trois types de fermentation, le lait de la traite du matin-même, je propose une demi-douzaine de fromages différents. Je fabrique aussi des yaourts, de la faisselle, de la crème fraîche…»

« Avec moins de 150 éleveurs en Ile-de-France et des exploitations hors sol de plus en plus pharaoniques, il paraît que je suis aujourd’hui une espèce menacée. J’ai résisté à la crise de la vache folle, je passerai ce nouveau cap. » Ces déclarations optimistes, c’était en 2012, au moment où Philippe décide de faire appel à ses clients pour acheter la machine qui devait révolutionner son existence : la fabuleuse conditionneuse. Une bécane capable de remplir 700 yaourts par heure (soit 3 fois plus qu’à la main), de les fermer par thermoscellage (ce qui augmente leur conservation d’une semaine environ), de les dater et les étiqueter.

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Philippe pour le tournage du petit film de Kisskissbankbank.

En quelques semaines, sur le site de Kisskissbankbank, le laitier le plus populaire des Ruches parisiennes réunit les 8100 euros escomptés. Le Département et la Région mettent sur la table 7400 euros, reste à en glaner 6000. Auprès de la famille ? Du côté de Philippe, n’y comptez pas. Ce sera donc auprès des banques qu’il faudra une fois encore s’adresser. Une paille quand on a un beau bilan à présenter au guichet. Une montagne quand le facteur préfère les papiers bleus aux cartes postales. « En fait, on m’a prêté trop ou pas assez.» Résultat, les banques plusieurs fois contactées refusent d’allouer les deniers. De fabuleuse conditionneuse, il n’y aura pas. Terminé le développement. Exit la bouffée d’oxygène dans une production déjà au taquet.

Philippe encaisse. Philippe se terre au lieu de hurler. Car chez ces gens-là on ne parle pas monsieur, on ne parle pas.

Alors, l’air de rien, l’éleveur continue de produire ses yaourts à la main, réussit à re-créer un Coulommiers fermier, assure ses nombreuses livraisons avec le sourire et répond immuablement « impeccable », quand on lui demande comment ça va. « Impeccable », ce doit être son mantra pour tenir le cap.

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A la ferme, c’est une autre histoire, les dettes s’accumulent, les investissements deviennent impossibles. Quand une machine lâche, le produit doit s’arrêter. Terminé le lait pasteurisé. Il devait y avoir de nouveaux parfums pour les yaourts ? Pas de deniers pour financer les autorisations de mise sur le marché. Alors forcément le Pot au lait se fissure, tout ça commence à craquer. Et quand la crise en rajoute une louche (-25% de chiffres d’affaires cette année), ça devient mission impossible. « Moi je ne dis rien, je ne montre rien. Mais ça fait 14 ans que je galère. Cette fois, je lâche l’affaire. »

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Le 5 septembre 2014, sommé par le tribunal de grande instance de Versailles, Philippe rend son tablier, son étable, sa fromagerie et ses 75 vaches.

 

 

 

 

Written by Hélène Binet

Hélène Binet

Son sourire est invincible mais sa vie semble impossible. Hélène écrit pour ce blog, pour des sites d'information alternatifs ou la presse traditionnelle ; elle publie des guides aussi différents que "Les arbres remarquables d'Isère" ou "Belle et bio à Paris" ; elle gère sa propre Ruche, l'une des premières et des plus grandes de France ; elle a trois enfants ; elle élève un chat. Quand on y pense on perd haleine. Pas elle.

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Il pleut, il pleut, en Espagne..?

Nous n’étions pas préparés à cela – ou si ? Il pleut littéralement depuis plusieurs semaines en Espagne. Cette semaine, cependant, l’état d’alerte a été déclaré dans plusieurs régions, notamment en Andalousie. Nos agriculteurs nous ont envoyé les photos ci-dessous – et au sein de notre équipe, nous sommes restés sans voix pendant plusieurs minutes. Nous avons déjà fait état de fortes pluies à plusieurs reprises, mais cette année, l’ampleur est particulièrement grande. La bonne nouvelle est : tous les agriculteurs vont bien ! Notre système météorologique a apporté des pluies intenses, des rafales de vent dignes d’un ouragan et des rivières en crue. Nos agriculteurs de la région de Malaga signalent des arbres tombés et des chemins d’accès boueux qui rendent l’accès presque impossible. Malheureusement, certains agriculteurs nous ont déjà informés qu’ils subiront probablement des pertes de récolte, car les fruits ont été endommagés. Le moindre mal est sûrement le retard des livraisons : il ne cesse de pleuvoir et cela signifie que les fruits sont trop humides pour être expédiés ; ils moisiraient dans les colis. N’avons-nous pas déjà trouvé la solution ? Je parle avec Maikel, de Finca Habitat, d’un petit village entre Jaén et Grenade – l’une des zones les plus touchées. Il m’envoie une vidéo, que vous trouverez ci-dessous – elle montre les champs d’oliviers inondés de ses voisins et la rivière déchaînée. Dans la vidéo suivante, il est dans ses propres champs et montre la quantité de pluie tombée. Il la verse sur ses arbres, qu’il protège du dessèchement et fertilise en même temps avec la laine de ses moutons pendant les mois chauds. « Pour moi, la pluie est une joie absolue. C’est merveilleux ! », dit l’agriculteur. Dans ses champs – pas une seule flaque. « C’est un signe que nous faisons tout correctement, Magdalena. », explique-t-il. Maikel a décidé il y a plus de dix ans de cultiver de manière régénérative. Dans l’une des régions les plus sèches d’Espagne, il parvient, grâce à ses pratiques, à ne pas avoir besoin d’irriguer ses oliviers. Comment est-ce possible ? Grâce à une couverture du sol qui agit comme une éponge et absorbe toute l’eau, la laissant s’infiltrer dans les couches plus profondes du sol. Pas une goutte d’eau n’est perdue, car le réseau racinaire a une capacité si élevée à absorber l’eau qu’elle ne s’écoule ni ne stagne. Et si nous parvenions à rendre les exploitations si résilientes qu’elles sortent encouragées des événements météorologiques extrêmes ? Aurions-nous trouvé la solution avec l’agriculture régénérative ? Je me pose ces questions en voyant les images et les vidéos qui offrent une perspective si différente de la situation. Les prévisions météorologiques annoncent encore de la pluie pour les prochains jours et nous réévaluons la situation chaque jour avec les agriculteurs – la sécurité prime et nous devrons probablement patienter encore un peu avant que le soleil ne réapparaisse.

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Quinoa bio de Hesse

Le quinoa du voisinage : en visite chez Mudda Natur Vous pouvez regarder notre vidéo en direct complète ici. Une collègue de Johannes, qui souffre d’une intolérance au gluten, s’est longtemps plainte des émissions de CO2 liées à l’importation de quinoa d’Amérique du Sud. C’est à ce moment-là que Johannes a décidé de faire des recherches sur le quinoa et, surtout, de voir si cette pseudo-céréale pouvait être cultivée en Allemagne. Avec le co-fondateur Simon, il est vite apparu que c’était le cas après leur master. Nous sommes tombés sur le dernier jour de récolte de la saison. Le quinoa doit être retiré rapidement du champ, en particulier lors des journées chaudes et sèches. L’humidité est ici le pire ennemi, car elle pourrait immédiatement endommager la récolte délicate – un véritable défi, en cet été humide. La particularité de la méthode de Johannes est que le quinoa est séché directement après la récolte, sans être lavé. Cela permet non seulement d’économiser d’énormes quantités d’eau, mais nécessite également très peu d’énergie. Ce processus évite la formation de moisissures et prépare parfaitement les grains pour la suite du traitement, sans nuire inutilement à l’environnement. L’agriculteur nous explique que la demande de quinoa en Europe, et en particulier en Allemagne, a commencé il y a plus de 10 ans et que cela a entraîné de grandes difficultés économiques pour les agriculteurs des régions andines. De vastes zones de culture ont été créées pour répondre à la demande croissante de l’étranger, et les structures économiques locales ont été tellement bouleversées que le quinoa n’est presque plus abordable en tant qu’aliment de base. Johannes et Simon ont décidé d’élargir leur gamme de produits, qui comprend désormais des produits innovants tels que la bolognaise végétalienne ou le muesli croustillant au quinoa, autant de preuves de la polyvalence du grain local. Cliquez ici pour en savoir plus sur Mudda Natur.

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Fromage de chèvre de l’Eifel volcanique

La qualité de nos propres mains Nous avons rencontré l’agricultrice Manuela Holtmann de la ferme Vulkanhof à Gillenfeld, dans la région volcanique de l’Eifel. Une fois par an, le premier dimanche de septembre, Manuela ouvre les portes de sa ferme à tous les CrowdFarmers qui ont adopté une chèvre chez elle. Les chèvres sont traites deux fois par jour pour que le lait cru soit transformé en fromage directement sur place. Le lait n’étant pas pasteurisé, la production est soumise à des contrôles très stricts, afin de préserver l’activité bactérienne naturelle du lait cru. Dans les années 1990, l’agricultrice a décidé de créer sa propre fromagerie sur l’exploitation afin de pouvoir contrôler chaque étape de la fabrication du fromage – c’est la seule façon de garantir une qualité particulièrement élevée. Comprendre la nature de la chèvre Manuela souligne qu’elle a choisi d’élever des chèvres, contrairement à l’élevage habituel qui, dans les années 90, s’orientait principalement vers l’élevage de vaches. « Les chèvres étaient les vaches des paysans pauvres », nous explique-t-elle. L’aspect particulièrement passionnant ici est que, contrairement aux moutons, les chèvres étaient à l’origine originaires de régions montagneuses et n’étaient pas faites pour pâturer de manière classique dans des prairies verdoyantes et verdoyantes. Leur système digestif fragile n’est pas conçu pour recevoir de grandes quantités de fourrage vert frais. Pour respecter leur biologie, Manuela a développé un concept spécial : Les animaux vivent dans une étable spacieuse et aérée, avec un vaste enclos directement adjacent. Les chèvres profitent ainsi de beaucoup d’exercice et d’air frais, tandis que leur alimentation reste parfaitement contrôlée et adaptée à leurs besoins. Notre visite a coïncidé avec la période d’accouplement à la fin de l’été. Ici, Manuela mise entièrement sur le saut naturel : le bouc fait la cour à la chèvre, la femelle décidant finalement elle-même de l’accouplement. C’est un bel exemple de respect des animaux de la ferme. La situation de la ferme dans une zone volcanique en sommeil constitue à cet égard un véritable avantage géographique. Les sols riches en minéraux de l’Eifel offrent une base idéale pour un fourrage particulièrement riche en nutriments. La nouvelle cave voûtée montre également que l’exploitation ne cesse de réfléchir : encore en construction, elle offrira bientôt le climat parfait dans lequel les meules de fromage pourront mûrir jusqu’à la perfection. Une expérience culinaire Aucune visite à la Vulkanhof ne serait complète sans une dégustation. Dans la boutique de la ferme, nous avons goûté à l’assortiment de Manuela – chaque bouchée témoignant du soin et du dévouement avec lesquels elle gère son exploitation agricole. Vous souhaitez découvrir la ferme par vous-même ? Manuela propose via notre plateforme WeFarmYou propose régulièrement des visites. C’est une merveilleuse occasion de découvrir l’agriculture de près et d’établir un lien direct avec les producteurs de nos aliments.

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