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Publié Février 2026

Le Jardin d’Even : les fleurs du bien

« Sans les plantes, je ne serais sans doute plus là. » Dans son champ fait de guimauve, d’origan, de capucine, de lavande, d’achillée millefeuille, Sylvie herbagère-potagère raconte une vie de fleurs, de plantes médicinales, de campagne, de grands combats et de petits bonheurs. Ô temps ! suspends ton vol. 

 

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Dans un vallon du pays de Bray, Sylvie travaille au ras des pâquerettes entre valériane et millepertuis. Herbagère-jardinière, elle cultive les plantes médicinales et une écoute du monde végétal qui chaque jour l’élève encore un peu plus.

Les cloches de l’église du village de Senantes bourgade de 683 habitants de l’Oise viennent tout juste de sonner les douze coups de midi. A quelques sauts de biche de là, au creux d’un vallon magnifiquement préservé, Sylvie sort la tête de son rang de coquelicots et vient à notre rencontre. Foulard noué autour de ses cheveux couleur absinthe, sourire logé dans ses yeux marron d’Inde, la passionnée nous offre un tour du propriétaire. « Dites plutôt du locataire, je suis en fermage ici. La terre ne m’appartient pas. » Les 70 plantes qu’elle cultive, si. On y trouve bourrache, lavande, prêle, houblon, origan mais aussi toutes celles qui s’invitent portées par le vent ou les pattes du chat voisin qui passe ses journées au milieu des fleurs. « La ballote noire originaire du pourtour méditerranéen et d’Asie centrale est arrivée ici par hasard. »

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« Travailler dans les fleurs, chaque jour je profite de ce bonheur ! »

Des haies bordent le terrain d’un hectare et apportent également leur lot de gourmandises : aubépine, charmille, frêne, hêtre, sorbier, prunellier… « Certaines plantes sont devenues des amies, raconte Sylvie qui du haut de ses 50 printemps en a vu passer des vertes et des pas mûres. La valériane, l’aubépine, la bardane et l’angélique m’ont aidée dans les moments difficiles, vous savez quand le stress et l’angoisse tentent de vous envahir. »

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Ici tout est certifié bio même la cueillette sauvage.

Cette époque compliquée pour Sylvie se situe aux alentours de 2007, quand elle doit divorcer de son mari, vendre la ferme et se séparer du troupeau de vaches qu’elle conduisait jusqu’à lors avec tendresse et respect. « Toutes avaient leurs cornes, je les soignais avec des huiles solaires et des teintures-mères, souvent je les prenais dans mes bras. Ca a été une déchirure de m’en séparer. » Pour passer le cap, Sylvie se lance alors dans ce qui l’a toujours passionnée : les plantes qui soignent. Elle se forme pendant deux ans au sein de l’association pour le renouveau de l’herboristerie (ARH), assimile les noms latins de centaines de plantes avec une facilité déconcertante et réussit in extrémis à conserver son statut agricole. « Ca n’a pas été sans mal, quand vous n’êtes pas du coin, une femme et qu’en prime, vous vous soignez avec les plantes, on vous range vite dans la catégorie des sorcières. J’ai eu droit à un nombre de contrôles impressionnant. »

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Son chalet-séchoir. « Considéré comme bâtiment agricole, il m’a permis d’avoir accès à l’eau dans mes champs. »

Heureusement Sylvie travaille dans les règles de l’art, d’une artiste pointilleuse et pointilliste même. « De la récolte de la graine à l’emballage de la plante séchée, je m’occupe de la plante médicinale comme d’un être vivant exceptionnel. » Partant du principe qu’aucune plante n’est là par hasard, elle repère chez les anciens les espèces rustiques, prélève quelques graines, réalise ses semis « quand vous achetez des plants, c’est souvent de la merde ». Les plus robustes sont promus au rang de plantes-mères et c’est à partir de leurs racines que l’herbagère les multipliera. « Ma sauge a plus de 50 ans », se félicite-t-elle.

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Ambiance sauna dans le séchoir. Température et hygrométrie sont soigneusement contrôlées.

Pour compléter son herbier, Sylvie pratique aussi la cueillette sauvage dans les prairies humides du Pays de Bray, classées Natura 2000. Elle y prélève la reine des prés, le saule blanc, la menthe douce ou aquatique que les organismes de certification n’ont aucun mal à labelliser en bio compte tenu de l’environnement archi-préservé. Elle grimpe aussi au sommet des collines pour ramasser les petits fruits. « Quand je suis là haut, je domine toute la région. Je me sens la reine du monde », raconte Sylvie les bras grands ouverts pour mieux embrasser ce qui l’entoure.

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Et voilà la production annuelle. Avec un hectare, Sylvie produit 150 kilos de tisane.

Du haut de son promontoire, la passionnée aperçoit les 37 hectares qu’elle cultive en herbage pour les agriculteurs voisins, son ancienne ferme aux toits d’ardoise désormais convertie en chambres d’hôtes mais aussi sa petite maison dans la prairie, une grande cabane de jardin spécialement aménagée pour faire sécher ses plantes. Lorsque l’on pousse la porte de ce chalet picard, les odeurs, la chaleur et la beauté de ces tableaux de fleurs mis horizontalement à sécher vous envahit immédiatement. « Mon séchoir a été réalisé par un artisan, il n’y a pas un point de colle ni de solvant. » Dans les claies superposées, cousins rustiques des tiroirs de bijoutiers, les pétales de capucines, les têtes de fenouil et les feuilles de menthe attendent leur heure. Dans cinq jours, ils laisseront la place à une prochaine fournée.

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Les macérations de Sylvie, magnifiques ratafias aromatiques.

Certaines plantes entreront dans la composition des tisanes et infusions de la maison aux noms poétiques – bon coeur, grand ménage, bonne humeur, « la législation nous interdit de donner des allégations-santé », d’autres seront pilées pour finir en gélules que Sylvie réalise intégralement à la main. Pour chacune, il aura fallu des heures de patience et une attention du quotidien. « Je cultive les plantes d’ici pour éviter d’épuiser le stock naturel, je les installe selon leurs conditions de vie, leur milieu, leur préférence de climat… Une par une. Je les respecte. Je les aime. La plante médicinale cultivée doit recevoir le meilleur de moi-même. » Gorgées d’amour, ces plantes finissent leur course dans notre tisane du soir ou du matin. Pas étonnant qu’elles nous fassent tant de bien…

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On achète les plantes à la ferme le vendredi de 18h à 20h, sur Internet ou dans les Ruches.

 

 

 

Written by Hélène Binet

Hélène Binet

Son sourire est invincible mais sa vie semble impossible. Hélène écrit pour ce blog, pour des sites d'information alternatifs ou la presse traditionnelle ; elle publie des guides aussi différents que "Les arbres remarquables d'Isère" ou "Belle et bio à Paris" ; elle gère sa propre Ruche, l'une des premières et des plus grandes de France ; elle a trois enfants ; elle élève un chat. Quand on y pense on perd haleine. Pas elle.

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Il pleut, il pleut, en Espagne..?

Nous n’étions pas préparés à cela – ou si ? Il pleut littéralement depuis plusieurs semaines en Espagne. Cette semaine, cependant, l’état d’alerte a été déclaré dans plusieurs régions, notamment en Andalousie. Nos agriculteurs nous ont envoyé les photos ci-dessous – et au sein de notre équipe, nous sommes restés sans voix pendant plusieurs minutes. Nous avons déjà fait état de fortes pluies à plusieurs reprises, mais cette année, l’ampleur est particulièrement grande. La bonne nouvelle est : tous les agriculteurs vont bien ! Notre système météorologique a apporté des pluies intenses, des rafales de vent dignes d’un ouragan et des rivières en crue. Nos agriculteurs de la région de Malaga signalent des arbres tombés et des chemins d’accès boueux qui rendent l’accès presque impossible. Malheureusement, certains agriculteurs nous ont déjà informés qu’ils subiront probablement des pertes de récolte, car les fruits ont été endommagés. Le moindre mal est sûrement le retard des livraisons : il ne cesse de pleuvoir et cela signifie que les fruits sont trop humides pour être expédiés ; ils moisiraient dans les colis. N’avons-nous pas déjà trouvé la solution ? Je parle avec Maikel, de Finca Habitat, d’un petit village entre Jaén et Grenade – l’une des zones les plus touchées. Il m’envoie une vidéo, que vous trouverez ci-dessous – elle montre les champs d’oliviers inondés de ses voisins et la rivière déchaînée. Dans la vidéo suivante, il est dans ses propres champs et montre la quantité de pluie tombée. Il la verse sur ses arbres, qu’il protège du dessèchement et fertilise en même temps avec la laine de ses moutons pendant les mois chauds. « Pour moi, la pluie est une joie absolue. C’est merveilleux ! », dit l’agriculteur. Dans ses champs – pas une seule flaque. « C’est un signe que nous faisons tout correctement, Magdalena. », explique-t-il. Maikel a décidé il y a plus de dix ans de cultiver de manière régénérative. Dans l’une des régions les plus sèches d’Espagne, il parvient, grâce à ses pratiques, à ne pas avoir besoin d’irriguer ses oliviers. Comment est-ce possible ? Grâce à une couverture du sol qui agit comme une éponge et absorbe toute l’eau, la laissant s’infiltrer dans les couches plus profondes du sol. Pas une goutte d’eau n’est perdue, car le réseau racinaire a une capacité si élevée à absorber l’eau qu’elle ne s’écoule ni ne stagne. Et si nous parvenions à rendre les exploitations si résilientes qu’elles sortent encouragées des événements météorologiques extrêmes ? Aurions-nous trouvé la solution avec l’agriculture régénérative ? Je me pose ces questions en voyant les images et les vidéos qui offrent une perspective si différente de la situation. Les prévisions météorologiques annoncent encore de la pluie pour les prochains jours et nous réévaluons la situation chaque jour avec les agriculteurs – la sécurité prime et nous devrons probablement patienter encore un peu avant que le soleil ne réapparaisse.

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Quinoa bio de Hesse

Le quinoa du voisinage : en visite chez Mudda Natur Vous pouvez regarder notre vidéo en direct complète ici. Une collègue de Johannes, qui souffre d’une intolérance au gluten, s’est longtemps plainte des émissions de CO2 liées à l’importation de quinoa d’Amérique du Sud. C’est à ce moment-là que Johannes a décidé de faire des recherches sur le quinoa et, surtout, de voir si cette pseudo-céréale pouvait être cultivée en Allemagne. Avec le co-fondateur Simon, il est vite apparu que c’était le cas après leur master. Nous sommes tombés sur le dernier jour de récolte de la saison. Le quinoa doit être retiré rapidement du champ, en particulier lors des journées chaudes et sèches. L’humidité est ici le pire ennemi, car elle pourrait immédiatement endommager la récolte délicate – un véritable défi, en cet été humide. La particularité de la méthode de Johannes est que le quinoa est séché directement après la récolte, sans être lavé. Cela permet non seulement d’économiser d’énormes quantités d’eau, mais nécessite également très peu d’énergie. Ce processus évite la formation de moisissures et prépare parfaitement les grains pour la suite du traitement, sans nuire inutilement à l’environnement. L’agriculteur nous explique que la demande de quinoa en Europe, et en particulier en Allemagne, a commencé il y a plus de 10 ans et que cela a entraîné de grandes difficultés économiques pour les agriculteurs des régions andines. De vastes zones de culture ont été créées pour répondre à la demande croissante de l’étranger, et les structures économiques locales ont été tellement bouleversées que le quinoa n’est presque plus abordable en tant qu’aliment de base. Johannes et Simon ont décidé d’élargir leur gamme de produits, qui comprend désormais des produits innovants tels que la bolognaise végétalienne ou le muesli croustillant au quinoa, autant de preuves de la polyvalence du grain local. Cliquez ici pour en savoir plus sur Mudda Natur.

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Fromage de chèvre de l’Eifel volcanique

La qualité de nos propres mains Nous avons rencontré l’agricultrice Manuela Holtmann de la ferme Vulkanhof à Gillenfeld, dans la région volcanique de l’Eifel. Une fois par an, le premier dimanche de septembre, Manuela ouvre les portes de sa ferme à tous les CrowdFarmers qui ont adopté une chèvre chez elle. Les chèvres sont traites deux fois par jour pour que le lait cru soit transformé en fromage directement sur place. Le lait n’étant pas pasteurisé, la production est soumise à des contrôles très stricts, afin de préserver l’activité bactérienne naturelle du lait cru. Dans les années 1990, l’agricultrice a décidé de créer sa propre fromagerie sur l’exploitation afin de pouvoir contrôler chaque étape de la fabrication du fromage – c’est la seule façon de garantir une qualité particulièrement élevée. Comprendre la nature de la chèvre Manuela souligne qu’elle a choisi d’élever des chèvres, contrairement à l’élevage habituel qui, dans les années 90, s’orientait principalement vers l’élevage de vaches. « Les chèvres étaient les vaches des paysans pauvres », nous explique-t-elle. L’aspect particulièrement passionnant ici est que, contrairement aux moutons, les chèvres étaient à l’origine originaires de régions montagneuses et n’étaient pas faites pour pâturer de manière classique dans des prairies verdoyantes et verdoyantes. Leur système digestif fragile n’est pas conçu pour recevoir de grandes quantités de fourrage vert frais. Pour respecter leur biologie, Manuela a développé un concept spécial : Les animaux vivent dans une étable spacieuse et aérée, avec un vaste enclos directement adjacent. Les chèvres profitent ainsi de beaucoup d’exercice et d’air frais, tandis que leur alimentation reste parfaitement contrôlée et adaptée à leurs besoins. Notre visite a coïncidé avec la période d’accouplement à la fin de l’été. Ici, Manuela mise entièrement sur le saut naturel : le bouc fait la cour à la chèvre, la femelle décidant finalement elle-même de l’accouplement. C’est un bel exemple de respect des animaux de la ferme. La situation de la ferme dans une zone volcanique en sommeil constitue à cet égard un véritable avantage géographique. Les sols riches en minéraux de l’Eifel offrent une base idéale pour un fourrage particulièrement riche en nutriments. La nouvelle cave voûtée montre également que l’exploitation ne cesse de réfléchir : encore en construction, elle offrira bientôt le climat parfait dans lequel les meules de fromage pourront mûrir jusqu’à la perfection. Une expérience culinaire Aucune visite à la Vulkanhof ne serait complète sans une dégustation. Dans la boutique de la ferme, nous avons goûté à l’assortiment de Manuela – chaque bouchée témoignant du soin et du dévouement avec lesquels elle gère son exploitation agricole. Vous souhaitez découvrir la ferme par vous-même ? Manuela propose via notre plateforme WeFarmYou propose régulièrement des visites. C’est une merveilleuse occasion de découvrir l’agriculture de près et d’établir un lien direct avec les producteurs de nos aliments.

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