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Publié Février 2026

Le jardin d’Yvonne : la transition à portée de bêche

« Cultiver le partage et partager les cultures », voici la devise de ce jardin collectif cultivé en permaculture. Véritable petit poumon dans la ville, il est le fruit d’un collectif d’habitants de Villeurbanne en banlieue lyonnaise.Visite guidée.

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De nombreux curieux retrouvent le sourire quand ils passent devant ce petit bout de terrain. Les 300 mètres carrés sont bien remplis : tout au fond, une cabane entièrement construite avec des matériaux de récupération. Juste à coté, un récupérateur d’eau de pluie et des toilettes sèches. Au milieu, un plancher et quelques tables pour se retrouver et refaire le monde. Il y a aussi l’incontournable composteur où épluchures et déchets verts macèrent en attendant de devenir engrais. Et partout, la nature. Des plantes grimpantes qui courent joyeusement sur le grillage, des légumes en tous genres, de drôles d’espèces que personne ne connaît, des herbes folles et des tournesols qui offrent leurs dernières fleurs avant l’hiver. Bienvenue au jardin d’Yvonne !

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Ce lieu a d’abord germé dans la tête d’un collectif d’habitants débordant d’idées et d’envies. Ce groupe, c’est Villeurbanne en transition. Au départ, les fondateurs organisent quelques réunions dans les appartements des uns ou les cafés des autres pour appréhender le monde et tenter de le changer. Puis rapidement vient l’envie de passer à l’action, d’avoir un outil concret pour assurer la résilience*. C’est de cette énergie qu’est née l’association Les jardins en transition et le premier jardin de la série, celui d’Yvonne.

Cette association s’inscrit dans un mouvement global, qui regroupe plus de 2000 initiatives dans le monde : celui des villes en transition. Né en Angleterre en 2006 dans la petite ville de Totnes sous la houlette de Rob Hopkins, il invite à réfléchir à de nouvelles manières d’organiser nos sociétés. Nos modes de vie actuels basés sur les énergies fossiles ne sont pas envisageables sur le long terme ? Le mouvement de la transition pousse à trouver des alternatives au tout pétrole. Parmi les valeurs, trônent également celles de remettre la solidarité et la coopération au centre des rapports humains et d’écarter ainsi le repli sur la sphère privé et la montée de l’individualisme.

Vaste programme, mais concrètement on fait comment ? On laisse fleurir les idées. Aujourd’hui, des centaines d’initiatives fleurissent partout dans le monde afin d’assurer la résilience à l’échelle locale. Elles prennent des formes multiples : relocalisation de l’économie, diminution de la consommation d’énergies fossiles, tissage de liens de solidarité, développement de l’autonomie des territoires. Concrètement, ce sont les monnaies locales, les circuits-courts, les repair café, les Incroyables comestibles ou comme ici les jardins collectifs.

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Le jardin d’Yvonne à la base, c’est donc ça : un moyen de s’inscrire dans ce mouvement, de glisser vers un nouveau modèle. C’est bête comme chou mais un petit bout de terrain qu’on mutualise, ça permet beaucoup :  se reconnecter avec la terre, rencontrer ses voisins ou encore assurer l’autonomie alimentaire même si, pour le moment, il est loin de nourrir tout le quartier.

Fidèle aux principes du mouvement des villes en transition, la parcelle est entièrement partagée et on y jardine selon les principes de la permaculture. Késako ? La permaculture, c’est le jardinage des flemmards : s’inspirer de la nature pour que le jardin soit le plus autonome possible selon trois principes. Prendre soin des hommes, soigner la terre et partager les cultures. Mais ne vous y trompez pas, c’est une méthode très pointue. L’organisation de l’espace comme le choix des cultures, leur association et leur emplacement sont méticuleusement réfléchis. Ici  pas de pesticide : on chasse les limaces avec du marc de café et on nourrit le sol avec du fumier et des matières végétales.

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Le jardin c’est aussi un espace ou l’on se rencontre. Demandez aux jardiniers pourquoi ils viennent. Ils vous répondront qu’ils sont là pour mettre les mains dans la terre, mais surtout pour la convivialité ! Ateliers cuisine, récolte de graines, fête de la musique, tous les moyens sont bons pour se retrouver. Et les plus jeunes sont aussi de la partie : régulièrement des enfants des structures du quartier viennent au jardin pour gratter le sol, découvrir les petites bêtes et goûter les herbes aromatiques.

tajine pommes de terre du jardin

Comment ça s’organise tout ça ? Le terrain est mis à disposition par la Métropole grâce à une convention avec la ville de Villeurbanne. L’association est en lien avec une multitude de partenaires qui l’accompagnent dans sa construction échangent leur savoir-faire, elle appartient notamment au réseau du passe-jardins qui fédère l’ensemble des associations de la région. Et qui est le jardinier en chef ? Yvonne ? Vous n’y êtes pas. Dans un monde ou les structures sont souvent pyramidales et contraignantes, on cherche ici à inventer de nouveaux modèles d’intelligence collective où chacun peut trouver sa place en fonction de ses envies ou de ses compétences.

Le jardin d’Yvonne c’est un mini laboratoire où l’on se rencontre, où l’on teste de nouveaux modes de cultures, où l’on organise des ateliers, des outils participatifs… Et surtout où l’on passe de bons moments. Et vous, vous l’assurez comment la transition ?

 

* La résilience est un concept clé dans le mouvement des villes en transition : à l’origine, le terme a été utilisé en physique des matériaux pour décrire la capacité de la matière à reprendre sa forme après un choc. Utilisé en écologie depuis les années 70, il désigne l’aptitude d’un écosystème à se régénérer après un traumatisme. Pour en savoir plus sur la notion de résilience, c’est ici.

Merci à Célia pour les photos.

Written by Justine Bénit

Justine Bénit

Adepte de l'apéro dinatoire version saucisson et verre de rouge partagés entre amis dans sa ville de Lyon, Justine aime aussi le radis noir, les gosses et les initiatives collectives pour peu qu'il y ait matière à partager et à s'enthousiasmer. Le développement local, Justine maîtrise, et mieux encore, le cultive, en particulier dans sa ruche de Lyon 3 ou au sein d'une association de jardins partagés issus du mouvement des villes en transition. Pour elle, "le changement passe par l'action", surtout lorsqu'il s'agit du manger mieux, du vivre mieux et de la sobriété heureuse.

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Il pleut, il pleut, en Espagne..?

Nous n’étions pas préparés à cela – ou si ? Il pleut littéralement depuis plusieurs semaines en Espagne. Cette semaine, cependant, l’état d’alerte a été déclaré dans plusieurs régions, notamment en Andalousie. Nos agriculteurs nous ont envoyé les photos ci-dessous – et au sein de notre équipe, nous sommes restés sans voix pendant plusieurs minutes. Nous avons déjà fait état de fortes pluies à plusieurs reprises, mais cette année, l’ampleur est particulièrement grande. La bonne nouvelle est : tous les agriculteurs vont bien ! Notre système météorologique a apporté des pluies intenses, des rafales de vent dignes d’un ouragan et des rivières en crue. Nos agriculteurs de la région de Malaga signalent des arbres tombés et des chemins d’accès boueux qui rendent l’accès presque impossible. Malheureusement, certains agriculteurs nous ont déjà informés qu’ils subiront probablement des pertes de récolte, car les fruits ont été endommagés. Le moindre mal est sûrement le retard des livraisons : il ne cesse de pleuvoir et cela signifie que les fruits sont trop humides pour être expédiés ; ils moisiraient dans les colis. N’avons-nous pas déjà trouvé la solution ? Je parle avec Maikel, de Finca Habitat, d’un petit village entre Jaén et Grenade – l’une des zones les plus touchées. Il m’envoie une vidéo, que vous trouverez ci-dessous – elle montre les champs d’oliviers inondés de ses voisins et la rivière déchaînée. Dans la vidéo suivante, il est dans ses propres champs et montre la quantité de pluie tombée. Il la verse sur ses arbres, qu’il protège du dessèchement et fertilise en même temps avec la laine de ses moutons pendant les mois chauds. « Pour moi, la pluie est une joie absolue. C’est merveilleux ! », dit l’agriculteur. Dans ses champs – pas une seule flaque. « C’est un signe que nous faisons tout correctement, Magdalena. », explique-t-il. Maikel a décidé il y a plus de dix ans de cultiver de manière régénérative. Dans l’une des régions les plus sèches d’Espagne, il parvient, grâce à ses pratiques, à ne pas avoir besoin d’irriguer ses oliviers. Comment est-ce possible ? Grâce à une couverture du sol qui agit comme une éponge et absorbe toute l’eau, la laissant s’infiltrer dans les couches plus profondes du sol. Pas une goutte d’eau n’est perdue, car le réseau racinaire a une capacité si élevée à absorber l’eau qu’elle ne s’écoule ni ne stagne. Et si nous parvenions à rendre les exploitations si résilientes qu’elles sortent encouragées des événements météorologiques extrêmes ? Aurions-nous trouvé la solution avec l’agriculture régénérative ? Je me pose ces questions en voyant les images et les vidéos qui offrent une perspective si différente de la situation. Les prévisions météorologiques annoncent encore de la pluie pour les prochains jours et nous réévaluons la situation chaque jour avec les agriculteurs – la sécurité prime et nous devrons probablement patienter encore un peu avant que le soleil ne réapparaisse.

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Quinoa bio de Hesse

Le quinoa du voisinage : en visite chez Mudda Natur Vous pouvez regarder notre vidéo en direct complète ici. Une collègue de Johannes, qui souffre d’une intolérance au gluten, s’est longtemps plainte des émissions de CO2 liées à l’importation de quinoa d’Amérique du Sud. C’est à ce moment-là que Johannes a décidé de faire des recherches sur le quinoa et, surtout, de voir si cette pseudo-céréale pouvait être cultivée en Allemagne. Avec le co-fondateur Simon, il est vite apparu que c’était le cas après leur master. Nous sommes tombés sur le dernier jour de récolte de la saison. Le quinoa doit être retiré rapidement du champ, en particulier lors des journées chaudes et sèches. L’humidité est ici le pire ennemi, car elle pourrait immédiatement endommager la récolte délicate – un véritable défi, en cet été humide. La particularité de la méthode de Johannes est que le quinoa est séché directement après la récolte, sans être lavé. Cela permet non seulement d’économiser d’énormes quantités d’eau, mais nécessite également très peu d’énergie. Ce processus évite la formation de moisissures et prépare parfaitement les grains pour la suite du traitement, sans nuire inutilement à l’environnement. L’agriculteur nous explique que la demande de quinoa en Europe, et en particulier en Allemagne, a commencé il y a plus de 10 ans et que cela a entraîné de grandes difficultés économiques pour les agriculteurs des régions andines. De vastes zones de culture ont été créées pour répondre à la demande croissante de l’étranger, et les structures économiques locales ont été tellement bouleversées que le quinoa n’est presque plus abordable en tant qu’aliment de base. Johannes et Simon ont décidé d’élargir leur gamme de produits, qui comprend désormais des produits innovants tels que la bolognaise végétalienne ou le muesli croustillant au quinoa, autant de preuves de la polyvalence du grain local. Cliquez ici pour en savoir plus sur Mudda Natur.

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Fromage de chèvre de l’Eifel volcanique

La qualité de nos propres mains Nous avons rencontré l’agricultrice Manuela Holtmann de la ferme Vulkanhof à Gillenfeld, dans la région volcanique de l’Eifel. Une fois par an, le premier dimanche de septembre, Manuela ouvre les portes de sa ferme à tous les CrowdFarmers qui ont adopté une chèvre chez elle. Les chèvres sont traites deux fois par jour pour que le lait cru soit transformé en fromage directement sur place. Le lait n’étant pas pasteurisé, la production est soumise à des contrôles très stricts, afin de préserver l’activité bactérienne naturelle du lait cru. Dans les années 1990, l’agricultrice a décidé de créer sa propre fromagerie sur l’exploitation afin de pouvoir contrôler chaque étape de la fabrication du fromage – c’est la seule façon de garantir une qualité particulièrement élevée. Comprendre la nature de la chèvre Manuela souligne qu’elle a choisi d’élever des chèvres, contrairement à l’élevage habituel qui, dans les années 90, s’orientait principalement vers l’élevage de vaches. « Les chèvres étaient les vaches des paysans pauvres », nous explique-t-elle. L’aspect particulièrement passionnant ici est que, contrairement aux moutons, les chèvres étaient à l’origine originaires de régions montagneuses et n’étaient pas faites pour pâturer de manière classique dans des prairies verdoyantes et verdoyantes. Leur système digestif fragile n’est pas conçu pour recevoir de grandes quantités de fourrage vert frais. Pour respecter leur biologie, Manuela a développé un concept spécial : Les animaux vivent dans une étable spacieuse et aérée, avec un vaste enclos directement adjacent. Les chèvres profitent ainsi de beaucoup d’exercice et d’air frais, tandis que leur alimentation reste parfaitement contrôlée et adaptée à leurs besoins. Notre visite a coïncidé avec la période d’accouplement à la fin de l’été. Ici, Manuela mise entièrement sur le saut naturel : le bouc fait la cour à la chèvre, la femelle décidant finalement elle-même de l’accouplement. C’est un bel exemple de respect des animaux de la ferme. La situation de la ferme dans une zone volcanique en sommeil constitue à cet égard un véritable avantage géographique. Les sols riches en minéraux de l’Eifel offrent une base idéale pour un fourrage particulièrement riche en nutriments. La nouvelle cave voûtée montre également que l’exploitation ne cesse de réfléchir : encore en construction, elle offrira bientôt le climat parfait dans lequel les meules de fromage pourront mûrir jusqu’à la perfection. Une expérience culinaire Aucune visite à la Vulkanhof ne serait complète sans une dégustation. Dans la boutique de la ferme, nous avons goûté à l’assortiment de Manuela – chaque bouchée témoignant du soin et du dévouement avec lesquels elle gère son exploitation agricole. Vous souhaitez découvrir la ferme par vous-même ? Manuela propose via notre plateforme WeFarmYou propose régulièrement des visites. C’est une merveilleuse occasion de découvrir l’agriculture de près et d’établir un lien direct avec les producteurs de nos aliments.

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