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Sur le terrain

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Publié Février 2026

Marion des sources (et son potager aquatique)

La ferme les Sourciers est sur Facebook, Instagram, Youtube… Normal, Marion ne se contente pas de se balader au milieu de sa serre et d’écouter pousser son basilic, elle veut démocratiser une autre façon de le cultiver. Sans terre mais en préservant le goût comme la planète.

 

Chou kale, oyster leaves, pourpier de mer : ici on cultive de la verdure exotique.
Chou kale, oyster leaves, pourpier de mer : ici on cultive de la verdure exotique.

 

Cette autre façon c’est l’hydroponie. Oh, le gros mot ! Mais attention, la jolie brune insiste « il s’agit d’une serre expérimentale, un modèle à reproduire où il n’y a pas de terre, en milieu urbain, où il y a peu d’eau courante. On ne veut pas remplacer la terre. » Voilà qui est dit.

Depuis 2013, Marion et son mari Nicolas testent cette nouvelle culture au coeur du Gers, là où l’on parle plus de terroir que de solutions NPK (les 3 éléments nutritifs nécessaires aux plantes, ndlr). L’idée leur est venue il y a quelques années au cours de leur existence argentine. Coincés dans un deux pièces sans jardin à Buenos Aires, ils rencontrent un couple de retraités qui fait pousser ses légumes sans terre. Ni une ni deux, ils se mettent eux aussi à cultiver des laitues sur leur balcon de la même manière. Rapidement, ils se passionnent pour le sujet de l’hydroponie et découvrent que le pionnier dans ce domaine n’est autre que GHE (General Hydroponics Europe), une entreprise du Gers. En 2013, ils rentrent d’Argentine les poches pleines de graines surprenantes, s’installent à Lagraulet-du-Gers. Les Sourciers sont nés.

 

Leur serre s'étend sur 650 m2 et permet de dégager deux salaires (au SMIC).
Leur serre s’étend sur 650 m2 et permet de dégager deux salaires en été (au SMIC). L’hiver, c’est plus compliqué.

 

L’hydroponie, concrètement de quoi parle t-on ? Il s’agit de faire pousser des plantes en remplaçant la terre par de l’eau à laquelle on ajoute des sels minéraux et de l’oxygène. Les racines trempent donc dans cette solution chargée d’ions. Cette technique n’est pas récente puisque les Aztèques et les Incas l’utilisaient. Souvenez-vous aussi des Jardins suspendus de Babylone, l’une des sept merveilles du monde.

 

Avec leurs économies et le soutien de GHE, Marion et Nicolas montent leur serre hydroponique à but pédagogique, organisent l’arrivée d’eau en circuit fermé. Ainsi, les solutions ne retournent jamais dans la nature mais dans leurs cultures. Au final, très peu d’eau est d’ailleurs nécessaire, 95% de moins que pour une culture classique.

 

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Pour le chauffage, ils s’en remettent aux rayons du soleil et ne sortent un chauffage d’appoint que lorsque les températures menacent de passer sous la barre du zéro pour ne pas geler tout le dispositif aquatique. « C’est une serre froide, témoigne Marion. On ne produit que des légumes de saison, on n’utilise ni chauffage, ni lampe, notre production ne demande presque pas d’énergie. » Enfin, le couple choisit minutieusement ses solutions nutritives. « Si l’on met les bons nutriments au bon moment, si l’on n’ajoute aucun pesticide, on obtient des produits excellents. »

 

Les Sourciers
Blettes multicolores, aussi ravissantes que délicieuses.

 

Ainsi, la première année, Marion et Nicolas démarchent les restaurateurs. Leurs produits s’avèrent plutôt exceptionnels et impossibles à dénicher ailleurs. Voyez plutôt : du Bok Shoy, du Hon Tsaï Taï, du Shiso Japonais, de la ciboule de Chine, de la Ficoïde Glaciale, de l’oseille sanguine… Ils distribuent également leurs herbes en circuit court et aujourd’hui le bouche à oreille suffit pour que leurs plantes aromatiques se retrouvent dans les plats des Chefs, même étoilés.

Benjamin Toursel est l’un d’entre eux. Second de cuisine chez Michel Tramat, il décide d’ouvrir avec sa femme L’Auberge Le Prieuré à Moirax (Lot-et-Garonne) en 2004 et reçoit son étoile en 2008. Ce qui lui plait chez les Sourciers ? « Ils sont dynamiques, joyeux, ils ont une démarche intéressante, ils font du bon boulot. » Pourtant au départ, ce n’était pas gagné, notre Chef est méfiant « des légumes qui ne touchent jamais la terre… » Et puis il faut se rendre à l’évidence, quand on y a goûté, on reste scotché. Oui ces plantes et ces légumes ont du goût et même beaucoup de goût. Un goût similaire à celui de l’huître pour l’oyster leaf, plutôt mentholé pour le shiso japonais ou encore piquant pour la moutarde red giant.

 

 

Si vous passez dans le coin, n’hésitez pas à aller à leur rencontre, vous serez très bien accueillis. Des visites ont souvent lieu l’après-midi et vous aussi vous pourrez goûter, ce n’est pas réservé aux Chefs et à leurs clients !

Comme Thibault Lagoutte, propriétaire et Chef à L’Auberge La Baquère à Préneron (Gers), vous pourrez tenter de marier l’oseille à l’amarante ou encore le sucre des Aztèques et l’oxalis. Il partage une certaine philosophie avec les Sourciers et les autres producteurs avec lesquels il travaille et qu’il fait d’ailleurs apparaitre sur sa carte. « J’aimerais être quelqu’un de bien. J’essaie de faire une cuisine unique et vraie. Tous ensemble, on partage la même sincérité. »

 

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Les Sourciers proposent également des week-ends de formation. Chacun peut s’inscrire et ainsi tout apprendre de l’hydroponie afin de la pratiquer à la maison ou à plus grande échelle. Des architectes urbanistes de Bordeaux, Marseille, Paris… sont venus voir cet ovni, ils ont contemplé, mesuré, pesé car les systèmes en place sont plus légers que la terre.

A l’heure où nous parlons, Marion et Nicolas sont déjà en train d’expérimenter d’autres solutions comme l’aquaponie, une forme d’aquaculture qui associe une culture de végétaux en symbiose avec l’élevage de poissons. Ce sont leurs déjections qui servent d’engrais au végétal cultivé. Ils réfléchissent également à la création d’une association Hydroponie France et d’un label « non traité » puisqu’ils ne peuvent bénéficier du AB réservé à la terre. Chez le couple, les légumes comme les idées foisonnent…

 

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Written by Stéphanie Duqueyroix

Stéphanie Duqueyroix

Comme un bon vin de Bordeaux, sa ville natale, Stéphanie bonifie ses vers sans en avoir l'air, et en anglais s'il vous plaît. Artiste dans l'âme, elle manie les mots, rêve de Toscane mais reste fidèle à son bassin d'Arcachon. Une perle.

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Il pleut, il pleut, en Espagne..?

Nous n’étions pas préparés à cela – ou si ? Il pleut littéralement depuis plusieurs semaines en Espagne. Cette semaine, cependant, l’état d’alerte a été déclaré dans plusieurs régions, notamment en Andalousie. Nos agriculteurs nous ont envoyé les photos ci-dessous – et au sein de notre équipe, nous sommes restés sans voix pendant plusieurs minutes. Nous avons déjà fait état de fortes pluies à plusieurs reprises, mais cette année, l’ampleur est particulièrement grande. La bonne nouvelle est : tous les agriculteurs vont bien ! Notre système météorologique a apporté des pluies intenses, des rafales de vent dignes d’un ouragan et des rivières en crue. Nos agriculteurs de la région de Malaga signalent des arbres tombés et des chemins d’accès boueux qui rendent l’accès presque impossible. Malheureusement, certains agriculteurs nous ont déjà informés qu’ils subiront probablement des pertes de récolte, car les fruits ont été endommagés. Le moindre mal est sûrement le retard des livraisons : il ne cesse de pleuvoir et cela signifie que les fruits sont trop humides pour être expédiés ; ils moisiraient dans les colis. N’avons-nous pas déjà trouvé la solution ? Je parle avec Maikel, de Finca Habitat, d’un petit village entre Jaén et Grenade – l’une des zones les plus touchées. Il m’envoie une vidéo, que vous trouverez ci-dessous – elle montre les champs d’oliviers inondés de ses voisins et la rivière déchaînée. Dans la vidéo suivante, il est dans ses propres champs et montre la quantité de pluie tombée. Il la verse sur ses arbres, qu’il protège du dessèchement et fertilise en même temps avec la laine de ses moutons pendant les mois chauds. « Pour moi, la pluie est une joie absolue. C’est merveilleux ! », dit l’agriculteur. Dans ses champs – pas une seule flaque. « C’est un signe que nous faisons tout correctement, Magdalena. », explique-t-il. Maikel a décidé il y a plus de dix ans de cultiver de manière régénérative. Dans l’une des régions les plus sèches d’Espagne, il parvient, grâce à ses pratiques, à ne pas avoir besoin d’irriguer ses oliviers. Comment est-ce possible ? Grâce à une couverture du sol qui agit comme une éponge et absorbe toute l’eau, la laissant s’infiltrer dans les couches plus profondes du sol. Pas une goutte d’eau n’est perdue, car le réseau racinaire a une capacité si élevée à absorber l’eau qu’elle ne s’écoule ni ne stagne. Et si nous parvenions à rendre les exploitations si résilientes qu’elles sortent encouragées des événements météorologiques extrêmes ? Aurions-nous trouvé la solution avec l’agriculture régénérative ? Je me pose ces questions en voyant les images et les vidéos qui offrent une perspective si différente de la situation. Les prévisions météorologiques annoncent encore de la pluie pour les prochains jours et nous réévaluons la situation chaque jour avec les agriculteurs – la sécurité prime et nous devrons probablement patienter encore un peu avant que le soleil ne réapparaisse.

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Quinoa bio de Hesse

Le quinoa du voisinage : en visite chez Mudda Natur Vous pouvez regarder notre vidéo en direct complète ici. Une collègue de Johannes, qui souffre d’une intolérance au gluten, s’est longtemps plainte des émissions de CO2 liées à l’importation de quinoa d’Amérique du Sud. C’est à ce moment-là que Johannes a décidé de faire des recherches sur le quinoa et, surtout, de voir si cette pseudo-céréale pouvait être cultivée en Allemagne. Avec le co-fondateur Simon, il est vite apparu que c’était le cas après leur master. Nous sommes tombés sur le dernier jour de récolte de la saison. Le quinoa doit être retiré rapidement du champ, en particulier lors des journées chaudes et sèches. L’humidité est ici le pire ennemi, car elle pourrait immédiatement endommager la récolte délicate – un véritable défi, en cet été humide. La particularité de la méthode de Johannes est que le quinoa est séché directement après la récolte, sans être lavé. Cela permet non seulement d’économiser d’énormes quantités d’eau, mais nécessite également très peu d’énergie. Ce processus évite la formation de moisissures et prépare parfaitement les grains pour la suite du traitement, sans nuire inutilement à l’environnement. L’agriculteur nous explique que la demande de quinoa en Europe, et en particulier en Allemagne, a commencé il y a plus de 10 ans et que cela a entraîné de grandes difficultés économiques pour les agriculteurs des régions andines. De vastes zones de culture ont été créées pour répondre à la demande croissante de l’étranger, et les structures économiques locales ont été tellement bouleversées que le quinoa n’est presque plus abordable en tant qu’aliment de base. Johannes et Simon ont décidé d’élargir leur gamme de produits, qui comprend désormais des produits innovants tels que la bolognaise végétalienne ou le muesli croustillant au quinoa, autant de preuves de la polyvalence du grain local. Cliquez ici pour en savoir plus sur Mudda Natur.

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Fromage de chèvre de l’Eifel volcanique

La qualité de nos propres mains Nous avons rencontré l’agricultrice Manuela Holtmann de la ferme Vulkanhof à Gillenfeld, dans la région volcanique de l’Eifel. Une fois par an, le premier dimanche de septembre, Manuela ouvre les portes de sa ferme à tous les CrowdFarmers qui ont adopté une chèvre chez elle. Les chèvres sont traites deux fois par jour pour que le lait cru soit transformé en fromage directement sur place. Le lait n’étant pas pasteurisé, la production est soumise à des contrôles très stricts, afin de préserver l’activité bactérienne naturelle du lait cru. Dans les années 1990, l’agricultrice a décidé de créer sa propre fromagerie sur l’exploitation afin de pouvoir contrôler chaque étape de la fabrication du fromage – c’est la seule façon de garantir une qualité particulièrement élevée. Comprendre la nature de la chèvre Manuela souligne qu’elle a choisi d’élever des chèvres, contrairement à l’élevage habituel qui, dans les années 90, s’orientait principalement vers l’élevage de vaches. « Les chèvres étaient les vaches des paysans pauvres », nous explique-t-elle. L’aspect particulièrement passionnant ici est que, contrairement aux moutons, les chèvres étaient à l’origine originaires de régions montagneuses et n’étaient pas faites pour pâturer de manière classique dans des prairies verdoyantes et verdoyantes. Leur système digestif fragile n’est pas conçu pour recevoir de grandes quantités de fourrage vert frais. Pour respecter leur biologie, Manuela a développé un concept spécial : Les animaux vivent dans une étable spacieuse et aérée, avec un vaste enclos directement adjacent. Les chèvres profitent ainsi de beaucoup d’exercice et d’air frais, tandis que leur alimentation reste parfaitement contrôlée et adaptée à leurs besoins. Notre visite a coïncidé avec la période d’accouplement à la fin de l’été. Ici, Manuela mise entièrement sur le saut naturel : le bouc fait la cour à la chèvre, la femelle décidant finalement elle-même de l’accouplement. C’est un bel exemple de respect des animaux de la ferme. La situation de la ferme dans une zone volcanique en sommeil constitue à cet égard un véritable avantage géographique. Les sols riches en minéraux de l’Eifel offrent une base idéale pour un fourrage particulièrement riche en nutriments. La nouvelle cave voûtée montre également que l’exploitation ne cesse de réfléchir : encore en construction, elle offrira bientôt le climat parfait dans lequel les meules de fromage pourront mûrir jusqu’à la perfection. Une expérience culinaire Aucune visite à la Vulkanhof ne serait complète sans une dégustation. Dans la boutique de la ferme, nous avons goûté à l’assortiment de Manuela – chaque bouchée témoignant du soin et du dévouement avec lesquels elle gère son exploitation agricole. Vous souhaitez découvrir la ferme par vous-même ? Manuela propose via notre plateforme WeFarmYou propose régulièrement des visites. C’est une merveilleuse occasion de découvrir l’agriculture de près et d’établir un lien direct avec les producteurs de nos aliments.

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