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Agroécologie

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Publié Mars 2026

L’agriculture biologique est-elle plus durable ?

Nous avons beau vivre à l’ère de l’information, à une époque où toutes sortes de connaissances sont accessibles à toute personne disposant d’un appareil numérique, certains enjeux importants deviennent pourtant des tendances au détriment de la recherche de vraies actions. Le développement durable est sans aucun doute l’un de ces enjeux. 

Que signifie « durable » ?

Le dictionnaire Larousse donne deux définitions générales du mot durable : « de nature à durer longtemps, qui présente une certaine stabilité, une certaine résistance » ou « qui prend en compte l’avenir de la planète ».

Les deux comprennent l’élément de continuité, ce qui nous amène à la question suivante : pouvons-nous continuer à poursuivre l’agriculture conventionnelle telle qu’elle est ?

Le rapport 2021 du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) répond à cette question par la négation. Il estime que nous devons agir davantage et beaucoup plus vite si nous voulons éviter que la crise climatique ne modifie à jamais la vie telle que nous la connaissons.

Quel est le rapport entre l’agriculture et le changement climatique ?

L’agriculture est en réalité l’une des cinq industries les plus polluantes. L’OCDE nous apprend que 17 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre sont directement liées aux activités agricoles et 7 à 14 % supplémentaires aux changements d’utilisation des sols.

Si l’élevage bovin est sans aucun doute l’un des principaux facteurs en cause (il suffit de penser à tout le méthane émis par les vaches !), il est loin d’être le seul. Il faut aussi comprendre que l’agriculture n’est pas seulement l’un des principaux responsables du réchauffement climatique, mais qu’elle peut aussi être l’une des principales solutions ! 

Pour nous, rendre l’agriculture plus durable est fortement lié à la promotion de l’agriculture biologique (ainsi qu’à d’autres mesures telles que la réduction des emballages plastiques ou l’élimination de tout traitement post-récolte).

Qu’est-ce qui rend l’agriculture biologique plus durable que l’agriculture conventionnelle ?

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L’agriculture conventionnelle utilise généralement plus d’eau que l’agriculture biologique, en plus d’être très gourmande en énergie car elle est fortement industrialisée. Tout ce qui est à forte intensité énergétique est de plus en plus problématique, l’énergie étant la première industrie polluante. 

● Toute la raison d’être de l’agriculture conventionnelle, la raison pour laquelle elle est largement acceptée comme la seule véritable issue pour nourrir le monde, est en fait liée à l’une des grandes absurdités de notre société : la surproduction. En théorie, nous devrions miser sur l’agriculture conventionnelle parce qu’il fut un temps où les pesticides nous évitaient de mourir de faim en sauvant les cultures des différents fléaux. Mais aujourd’hui, nous avons appris (et continuons d’apprendre !) comment faire face aux fléaux sans produits pythosanitaires et comment coexister avec mère nature sans tuer tout ce qui vit dans et autour de nos cultures. La perte de biodiversité est l’un des plus grands problèmes liés à l’agriculture intensive conventionnelle. 

● Les cultures biologiques ont un rendement de récolte inférieur de 10 à 30 %. Ce fait est indéniable et est utilisé comme « l’argument de choc » contre les partisans du passage au bio. Cependant, nous avons une autre donnée indéniable à vous présenter pour mettre tout cela en perspective : un tiers de la nourriture que nous produisons est gaspillée ! Ce qui soulève la question suivante : serait-ce vraiment si mal de produire moins ? Arrêter de jeter plus d’un milliard de tonnes de nourriture chaque année, et ne produire que ce que nous consommons ? Sinon, nous pourrions également réduire notre consommation de viande et de produits laitiers. Après tout, 33 % de nos récoltes sont utilisées pour la production d’aliments pour nourrir le bétail. 

Mais avant tout, la baisse du rendement des cultures est un phénomène qui doit être examiné sur la durée. Lors du passage de la culture conventionnelle à la culture biologique, il y aura une perte de rendement importante la première année, mais à long terme, le sol deviendra plus fertile. Dans, disons 20 ans, les champs qui ont été continuellement malmenés par les herbicides et la surproduction ne seront probablement plus fertiles, il n’y aura plus de vie. Ils seront complètement arides et les maintenir en état nécessitera d’énormes quantités de ressources (si toutefois ils peuvent être sauvés). Ce qui nous amène au point suivant.


La dégradation des sols est l’un des nombreux effets secondaires du changement climatique, et le fait de les inonder de produits pythosanitaires ne fait qu’aggraver la situation. L’agriculture biologique vise à maintenir et à renforcer la santé globale du sol, en luttant contre sa dégradation. Cela se fait en augmentant la matière organique présente dans le sol, pour favoriser la création d’humus. Celui-ci agit comme une éponge, aidant le sol à absorber et à retenir l’eau et les nutriments. Lorsqu’il pleut beaucoup, ce système est beaucoup plus économe en ressources (et utile à la prévention des inondations) que les sols cultivés de manière conventionnelle, qui agissent plutôt comme du béton et n’en retiennent que de faibles quantités. Lorsqu’il pleut peu, ces quantités sont mieux conservées et pendant de plus longues périodes. C’est aussi pourquoi l’agriculture conventionnelle a besoin de beaucoup plus d’irrigation artificielle.

● L’agriculture biologique responsable présente un avantage imbattable en matière de développement durable : elle contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre ! Pour le dire de manière concise et simplifiée : l’humus absorbe les gaz à effet de serre de l’atmosphère. Par exemple, pour chaque litre d’huile d’olive extra vierge biologique produite, 10 kg de CO2 sont retirés de l’atmosphère. Le défi consiste donc à faire passer l’agriculture du statut de source de carbone à celui de puits de carbone, et c’est possible !

Ce ne sont là que quelques exemples des arguments en faveur de l’agriculture biologique dans le domaine du développement durable. À cela s’ajoutent la dimension éthique, comme les conditions de travail ou le bien-être des animaux, et la dimension sanitaire, qui est l’une des principales raisons de la popularité des produits bio. De plus, les adeptes de l’agriculture biologique ont tendance à accorder plus d’importance aux « valeurs intrinsèques » des fruits qu’ils achètent. Concrètement, les fruits bio sont moins susceptibles d’être triés pour des raisons esthétiques, ce qui entraîne moins de gaspillage alimentaire.

Nous espérons que cela réaffirme que le développement durable est bien plus qu’un thème à la mode et qu’il est loin d’être du greenwashing en matière d’agriculture biologique responsable. Voilà qui vous donne une idée de la raison pour laquelle nous encourageons nos agriculteurs à se convertir à l’agriculture biologique !

Francisco José Marín Salgado de la Finca Refijo


Written by Emmeline Hess

Emmeline Hess

Emmeline es experta en comunicación, vocación que ha estado ejerciendo durante más de 9 años en empresas con enfoque en la sostenibilidad.

Esta nueva podcaster es una gran aficionada a la comida, una preocupada por el cambio climático (aspirante a guerrera) y le gusta una buena discusión casi tanto como los perros.

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Pourquoi la culture biologique des fruits à noyau est-elle si risquée ?

Les fruits à noyau d’été, tels que les pêches, les abricots, les nectarines et les cerises, comptent parmi les fruits les plus complexes à cultiver, en particulier dans le cadre d’un modèle d’agriculture biologique et régénérative. Leur cycle de croissance court, leur grande sensibilité aux conditions météorologiques et leur durée de vie limitée après la récolte créent un scénario où la marge d’erreur est minimale.Pourquoi la saison de croissance des fruits à noyau est-elle si courte ?La plupart des fruits à noyau d’été achèvent leur cycle de développement complet, de la floraison à la récolte, en moins de dix semaines. Cette évolution rapide réduit considérablement la marge d’erreur pour les agriculteurs.La volatilité climatique croissante en Europe ajoute une couche d’imprévisibilité. L’agriculteur biologique Jordi Garreta, dans la région de la Catalogne, en a subi les conséquences directes. Il nous a expliqué comment des pluies prolongées au printemps ont perturbé la nouaison et la maturation finale des fruits, affectant les volumes de récolte disponibles. De plus, plusieurs tempêtes de grêle ont endommagé et fendu une partie des fruits. Chaque variété présente des vulnérabilités spécifiques :Les cerises sont sujettes à un risque d’éclatement en cas de pluies soudaines.Les abricots sont particulièrement sensibles au stress thermique.Les pêches sont très vulnérables aux maladies fongiques en cas de forte humidité.L’approche biologique et régénérative face aux ravageurs et aux maladiesAgriculteur Jordi Garreta, Ferme Grup Garreta, EspagneEn agriculture conventionnelle, la lutte contre les ravageurs et les maladies repose souvent sur l’utilisation d’intrants de synthèse. L’approche biologique et régénérative, cependant, vise à créer un écosystème résilient, en s’attaquant à la cause profonde des ravageurs – un écosystème déséquilibré qui permet la croissance excessive d’un organisme spécifique – plutôt qu’à ses conséquences. Jordi Garreta l’explique ainsi :« Les principaux ravageurs et maladies sont les pucerons, les perce-oreilles (Forficula auricularia) et les champignons comme la Monilia et le Rhizopus. La meilleure façon de les combattre est d’avoir une culture bien équilibrée sur le plan nutritionnel, ce qui signifie que chaque arbre utilise ses propres outils pour lutter contre les ravageurs. Si cela ne suffit pas, nous utilisons du kaolin, du purin d’ortie ou de la terre de diatomées. Nous plantons des bandes fleuries et laissons pousser des herbes sauvages spontanées pour encourager la biodiversité, ce qui crée un écosystème plus résilient face aux ravageurs et bien d’autres avantages. » Jordi GarretaFarmer at Grup GarretaLa recherche scientifique soutient ces pratiques. Par exemple, une étude de 2022 a révélé que les rangées d’arbres les plus proches des bandes fleuries pérennes comptaient en moyenne 60 % de prédateurs en plus par branche, par rapport à celles des vergers témoins sans bandes fleuries. Ces méthodes ne s’attaquent pas seulement aux ravageurs à court terme, mais elles priorisent également la santé à long terme du sol et de l’écosystème, ce qui porte ses fruits en augmentant la résilience de ce dernier.Quels sont les fruits climatériques et comment cela affecte-t-il leur saveur ?La plupart des fruits à noyau (à l’exception des cerises) sont climactériques, ce qui signifie qu’ils continuent de mûrir après avoir été cueillis grâce à la production interne d’éthylène. Bien que cela permette aux agriculteurs d’expédier des fruits encore fermes, cela exige un timing précis. Une récolte trop précoce donne des fruits sans saveur ; une récolte trop tardive rend le transport difficile, surtout en agriculture biologique, où de nombreux conservateurs et traitements chimiques sont interdits.Les pertes post-récolte constituent l’un des plus grands défis auxquels le système alimentaire est confronté. Selon la FAO, les fruits et légumes subissent les taux de perte les plus élevés, dépassant 20 % à l’échelle mondiale avant même d’arriver dans les magasins. Au sein de cette catégorie, les fruits délicats et périssables comme les fruits à noyau sont particulièrement vulnérables aux dommages mécaniques et à la surmaturité, notamment en raison des températures élevées de leur saison de récolte et d’expédition.C’est là que les modèles de production divergent considérablement :Le modèle conventionnel : L’industrie agroalimentaire s’est adaptée à ces limites biologiques par une récolte précoce, un stockage au froid et la priorisation de variétés sélectionnées pour leur durabilité plutôt que pour leurs qualités organoleptiques (odeur et saveur). Les supermarchés exercent souvent une pression sur les producteurs pour qu’ils livrent des produits uniformes et durables à bas prix. Ce modèle dépend d’une chaîne du froide intensive et d’excédents de production, ce qui entraîne généralement un gaspillage alimentaire élevé et se fait au détriment de la saveur et de la densité nutritionnelle.Le modèle de la vente directe : Un système de vente directe permet aux agriculteurs de résoudre ces problèmes. En récoltant à la demande, le fruit est cueilli à son point de maturité physiologique, le stockage prolongé au froid est évité et la surproduction est réduite. Cela minimise non seulement le gaspillage alimentaire, mais préserve également l’intégrité du produit et permet des structures de prix plus justes qui reflètent le risque élevé et l’intensité de la main-d’œuvre nécessaires pour cultiver ces fruits sans intrants de synthèse.Guide pratique pour la conservation à la maisonUne fois que les fruits arrivent chez vous, une manipulation appropriée est essentielle pour profiter de leur qualité maximale.Maturation à température ambiante : Si vos pêches, nectarines ou abricots sont encore fermes, laissez-les à température ambiante, à l’abri de la lumière directe du soleil. Pour savoir si une pêche est mûre, la clé n’est pas toujours la couleur, mais le toucher et l’odeur. Vous saurez qu’ils sont prêts lorsqu’ils cèdent légèrement à une pression douce et dégagent un arôme parfumé.Réfrigération après maturation : Une fois mûrs, vous pouvez les placer au réfrigérateur pour prolonger leur durée de vie de quelques jours. Les basses températures (en particulier en dessous de 8 °C) peuvent altérer le développement de la saveur et de la texture des fruits qui n’ont pas encore mûri.Le cas des cerises : N’étant pas climactériques, les cerises ne mûrissent pas après la récolte. Elles doivent être réfrigérées immédiatement pour conserver leur fraîcheur.Laver juste avant de consommer : Évitez de laver les fruits avant de les ranger, car l’humidité peut accélérer leur détérioration. Lavez-les juste avant de les manger.Pour en savoir plus sur la manière de manipuler vos fruits d’été, vous trouverez ici un article spécifique pour vous guider.Un modèle résilient pour un secteur vulnérableAgricultrice Anita Minisci, Azienda Agricola San Mauro, ItalieLa combinaison entre les saisons courtes, la grande sensibilité au climat et les pressions du marché décrites précédemment rend la production de fruits à noyau biologiques particulièrement vulnérable. Alors que la volatilité climatique continue d’augmenter, une transition vers des modèles de production et d’approvisionnement plus résilients n’est pas seulement une préférence, mais une nécessité. Une chaîne d’approvisionnement directe et transparente, qui crée un lien direct entre l’agriculteur et le consommateur, représente ce changement essentiel. Ce modèle donne aux producteurs les moyens de prioriser la santé des sols et de récolter pour la qualité, garantissant ainsi un avenir plus juste et plus durable pour un secteur agricole difficile, mais vital.

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