
Publié Mars 2026
radis noir : radi(geste) et radi(spensable)
Au coeur des entrailles, c’est l’heure du combat. Raphinus sativus niger s’apprête à arrêter l’ennemi aux portes du foie. Saura-t-il mettre la flotte de toxines hors d’état de nuire ? Découvrez les merveilleuses aventures du radis noir masqué.
Le héros
Son nom de terre, c’est Raphanus sativus niger mais tout petit sa maman Brassicacée l’appelait radis noir. Parce que c’est un radis et parce qu’il est noir. Alors ça lui est resté.

Ses super pouvoirs
On dit que c’est un genre de super héros du transit parce qu’il est hyper riche en fibres et en eau tout en restant pauvre en calories. Mais ce n’est pas tout. Il détrône la grenade, la myrtille ou la tomate niveau vitamine C (23 mg pour 100 g). Il explose pâtes, pain et riz « blancs » question potassium (232 mg/100 g). Il apporte des vitamines du groupe B notamment l’acide folique ou B9 et la vitamine B6 ainsi qu’une petite quantité de provitamine A (carotène) mais aussi du fer, cuivre, zinc, sélénium et iode. Et surtout, Raphanus, comme tous ses cousins choux, navets, moutarde, cresson (la brassicacée family quoi) dirige une armée fatale : les glucosinolates, antifongiques, antibactériens et antioxydants. Ces glucobidules, hier appelés hétérosides soufrés font fuir aussi bien les insectes ravageurs dans les champs que toutes les saloperies dans l’organisme. Alors, c’est qui le plus fort ?
Sa route, son voyage
Voilà des milliers d’années que Raphanus laisse des traces partout où il passe. On a retrouvé des hiéroglyphes à son effigie dans le temple de Karnak en Egypte. Entre 23 et 79 après JC, Pline l’ancien en fait fréquemment état et vante les vertus de son huile (issue de ses graines broyées). Sous Charlemagne, une ordonnance royale presse les moines d’en cultiver. Quant à l’abbesse guérisseuse Hildegarde de Bingen (1098-1179), elle le prescrit à gogo. Aujourd’hui, même planqué sous la terre, on l’aperçoit partout. Semé de juin à août, le radis noir se récolte en octobre et novembre et se conserve tout l’hiver et jusqu’au début du printemps.

Son combat, sa bataille
Raphanus est un écolo, un activiste anti-déchets. Hulot des intestins, il pousse vers la sortie toutes ces substances toxiques qui empoisonnent notre quotidien. Dès qu’il pénètre dans l’organisme, il file prêter main forte au foie et joue à l’aiguilleur : le sang frais d’un côté, direction le cœur, les toxiques de l’autre vers les autres organes émonctoires, ces camions poubelles de l’organisme qui nous débarrassent de tout ce qui est inutile. Ensuite, taquin, il titille la vésicule biliaire pour lui faire évacuer au plus vite la bile et son lot de substances toxiques. Il stimule également les contractions spontanées de l’intestin pour accélérer encore un peu le pas… Les savants diraient que c’est un allié du péristaltisme (péristaltisme = progression d’un contenu à l’intérieur d’un organe creux, on vous fait pas un dessin). Bref, sa potion magique presse les déchets vers la sortie. On se sent tout de suite plus léger.
Sa posologie
Allié de tous les combats, Raphanus sativus niger saura vous aider à passer l’hiver. Il tient d’ailleurs une place de choix dans la pharmacopée chinoise. Vous toussez comme un fumeur de gitanes ? Croquez la bête crue à pleines dents en buvant des tisanes de mauve, d’hysope, de violette, de bouillon blanc ou de toute autre plante expectorante. Votre toux grasse ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Vous sentez le rhume, la grippe, le choléra arriver ? Et zou, une cure de radis noir. La gueule de bois vous guette ? On remet ça.

Son plaisir
Tranché en fines lamelles style carpaccio, accompagné de pommes fruits en petits dés, d’un jus de citron ou d’un filet d’huile d’olive, et voilà Raphanus prêt à être servi en entrée. On peut le décliner râpé avec du fromage frais ou l’apprécier caramélisé en tarte tatin. On le marie avec du saumon, du kiwi, des Saint-Jacques, du chèvre frais. On l’apprécie, on le chérit. Et quand on n’a pas a frite : un radis noir et au lit !
Merci à Christine Calvet pour avoir levé le voile sur le radis noir : http://www.journaldunaturel.com/le-radis-noir-aide-le-foie-ase-mettre-au-vert.html
Written by Hélène Binet
Son sourire est invincible mais sa vie semble impossible. Hélène écrit pour ce blog, pour des sites d'information alternatifs ou la presse traditionnelle ; elle publie des guides aussi différents que "Les arbres remarquables d'Isère" ou "Belle et bio à Paris" ; elle gère sa propre Ruche, l'une des premières et des plus grandes de France ; elle a trois enfants ; elle élève un chat. Quand on y pense on perd haleine. Pas elle.


