
Publié Mars 2026
Bière, fromage blanc, les bonnes recettes des peintures naturelles
Alkydes, siccatifs, COV, aliphatiques… Ajoutez à ces innombrables ingrédients aux noms indigestes une grosse louche de greenwashing d’industriels peu scrupuleux et nous voilà noyés dans le marché de la peinture. Pour garder la tête hors du pot, plongeons dans l’univers merveilleux de la décoration au naturel en direct de la cuisine.
De la couleur et une colle qui la fixe. Voilà ce qu’est, schématiquement, une peinture ou un enduit. Plus concrètement, il lui faut une charge, un liant, un diluant, voire des adjuvants. Les charges donnent couleur, opacité, volume, texture et corps au produit. Le liant joue le rôle de colle en solidarisant les charges et en les fixant au support.
Le diluant facilite l’application en renforçant la fluidité du mélange. Enfin, des adjuvants peuvent en améliorer les propriétés (séchage…). La pétrochimie se goinfre de molécules de synthèse destinées à créer le produit parfait : séchage ultra-rapide, rendement extrême, couleurs illimitées, applicable sur le plus de supports possible, sans odeur, insensible aux UV, exempt de risque de moisissure, le tout pour un prix imbattable. Supplantées trente ans plus tôt, les peintures naturelles ont à nouveau pointé le bout de leur pinceau dans les années 1970-1980. Ressources renouvelables, naturelles, fabrication moins énergivore… Outre les évidents avantages pour la santé de la planète, ces peintures atténuent aussi les pressions sur celle des humains.

Des peintures plus saines pour l’habitat, l’habitant et l’artisan
Les produits naturels peuvent améliorer l’environnement intérieur par des qualités isolantes, antistatiques, régulatrices d’humidité ou par un rôle de masse thermique. Voire l’assainissent, en neutralisant polluants et odeurs. Sans parler de l’impact des couleurs douces et chaleureuses des finitions naturelles, qui agissent sur notre santé physique et mentale par apaisement.
Plus réglo la peinture à l’eau ?
Dans l’esprit du public, les peintures à l’eau ne représenteraient aucun risque : la forte proportion d’eau les rend moins agressives pour la santé que les peintures en phase solvant, mais elles contiennent encore en pourcentages variables des solvants, pigments, charges et adjuvants, alerte l’Institut national de recherche et de sécurité. Les peintures en phase aqueuse émettent nettement moins de COV (composés organiques volatils) que celles en phase solvant, mais elles en émettent quand même, complète Claire-Sophie Coeudevez, de l’association Bâtiment santé plus. Elles contiennent des co-solvants, des agents de coalescence, des conservateurs.

Mettez la main à la pâte
Alors le meilleur moyen pour garder la maîtrise de la composition de ses peintures et enduits, et de son portefeuille, est encore de les fabriquer soi-même.
Voici deux recettes qui peuvent être réalisées avec les ingrédients facilement disponible dans votre cuisine.
> Se peindre une petite mousse
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Diluer les pigments dans un peu de bière, ajouter la craie, mélanger au reste de bière, laisser reposer 2 heures, appliquer au pinceau. Les sucres de la bière (maltose et dextrine) serviront de liant. Bien mélanger le tout jusqu’à obtention d’un liquide homogène.
Appliquer en deux couches au spalter. Cette peinture s’éclaircit au séchage.
Les recettes à base de bière sont principalement destinées aux lasures et aux peintures réversibles appréciées des décorateurs de théâtre, qui n’ont qu’à passer une éponge mouillée pour l’enlever une fois les représentations terminées.
Pour une finition durable et résistante, appliquer une couche de cire, de glacis ou de vernis (intérieur) ou d’huile de lin diluée avec du vinaigre blanc (extérieur) quand la peinture est sèche. Ainsi protégé, le support poreux (bois, plâtre…) pourra être nettoyé sans détériorer la couleur.

> La peinture au fromage blanc (sans sucre)
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Mélanger fromage blanc, blanc de Meudon et pigments. Si vous craignez le développement de moisissures, ajoutez une cuillère à café de chaux (vérifiez sa compatibilité avec le pigment) diluée dans un peu d’eau. Versez 20 à 40 cl d’eau en délayant jusqu’à obtenir une consistance de crème épaisse.
Poser au pinceau ou au rouleau en intérieur (pièce non humide), en deux ou trois couches (espacées d’environ 10 heures), sur bois, plâtre, brique, enduit terre ou chaux, Fermacell®…
Une cire ou un vernis offriront une bonne protection.

La Maison écologique
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