
Publié Mars 2026
J’ai testé l’éco-pâturage dans mon jardin
Passer ses dimanches à passer la tondeuse ? Non merci. Hani et Amélie préfèrent confier cette tâche à Fleur, chèvre alpine nourrie à l’herbe grasse normande. Récit.
Quand nous avons emménagé il y a 3 ans en Normandie, nous nourrissions le rêve d’un jardin verdoyant et imaginions déjà ses futurs habitants : des poules et une chèvre. Couic couic jaune et Couic couic noire (ce sont les enfants qui ont nommé les poules, nous n’y sommes pour rien) ont très vite gambadé dans le « jardin » de notre nouveau sweet home. Mais croulant sous les poubelles vertes et passant notre temps libre à débroussailler le terrain très arpenté, nous nous sommes posés la question d’adopter un nouvel animal dans le jardin.
L’été dernier, Fleur est donc arrivée chez nous ! Nous avions déjà fait connaissance avec la belle chez Pierre potagiste, qui nous l’a confiée quand son terrain n’a plus suffi à ses habitantes. Chèvre alpine de son espèce, elle pèse adulte entre 50 et 60 kilos et vit une dizaine d’années en moyenne. Le terrain adjacent à la maison (incluant une grande pente impossible à entretenir) mesure bien 1000 m², mais est impossible à clôturer… Avant la venue de la biquette, nous avons donc acheté de quoi l’attacher tout en lui laissant la possibilité de se balader.
Les premiers jours nous avons tous fait connaissance. Tout juste séparée de sa maman (Fleur est née en avril et est arrivée en juin), nous l’avons aidée à passer le cap en étant très présents. Un bac à compost en guise d’abri, un abreuvoir à disposition et la biquette s’est vite acclimatée à son nouvel environnement. Petit à petit la jungle environnante s’est clairsemée et Fleur a grandi (et surtout grossi) à vue d’œil.

La chèvre est réputée pour débroussailler tout azimut car elle aime quasiment tout ce qui pousse. L’herbe bien sûr mais aussi les résineux, les arbustes (enfin surtout les feuilles), les ronces… Fleur est également très friande de nos épluchures de légumes et de fruits. Entre la chèvre et les poules, nous n’avons plus grand chose à livrer au compost.
Cet appétit vorace sans distinction n’a pas que des avantages, car la chèvre aime aussi les belles choses comme vos massifs de fleurs (bon ici c’est pas ma spécialité), vos aromatiques… votre potager. Fleur a quelques fois réussi à s’échapper et a aussitôt foncé se délecter de mes tomates cerises, mes groseilles, mes framboisiers, les feuilles du pommier qu’elle a réussi à atteindre, mais aussi la haie du voisin. Bref, maintenant je me méfie et je l’attache bien.

Certains se demandent sans doute pourquoi attacher la bête. D’abord pour sa sécurité. Nous ne sommes qu’à quelques mètre d’une départementale et c’est forcément très dangereux… pour elle comme pour les automobilistes. Par ailleurs, il est impossible de clôturer le terrain qui est en pente, la demoiselle s’empresserait de sauter les barrières. La corde semble donc un bon compromis.
Le souci avec le duo corde/piquet c’est qu’elle s’emmêle souvent, autour d’un arbre, d’une souche ou même du moindre petit bout d’arbuste qui traîne. La solution la plus simple est donc de tirer un fil (genre fil d’acier) entre 2 arbres pour lui accrocher sa chaîne, elle a donc une semi-liberté. Si vous avez d’autres astuces, n’hésitez pas !
Avant de craquer, n’oubliez pas qu’en hiver, l’herbe ne pousse plus et que votre chèvre aura faim. Il faudra alors la nourrir avec du foin régulièrement (pensez à un lieu de stockage au sec). De plus, il lui faut systématiquement prévoir un abri car la biquette est frileuse et déteste être mouillée et avoir froid.
Vous hésitez encore ? Sachez qu’il existe des systèmes de location de chèvres pour débroussailler sans effort et écologiquement un terrain à partir de 1,5€ par jour !
Written by Amélie Durand - Moudallal
Ecolo, hyperactive, fouineuse et gourmande… Amélie est touche à tout. Après des études de géographie et une vie pro dans la pub, c’est en revenant dans sa Normandie natale qu’elle a pu partir en quête d’un autre mode de consommation, notamment pour le bien-être de ses 3 enfants. Mais à quoi carbure Amélie ? Aux réseaux sociaux et aux pâtisseries maison !




