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Société

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Publié Mars 2026

Poêlée de ma rue : coulemelle et épinard sauvages

Se fournir chez les producteurs, c’est super, mais aller chercher ses aliments directement chez la grande Productrice en chef, c’est encore mieux ! De qui je parle ? De Mère Nature, bien sûr, celle qui nous offre généreusement ses trésors comestibles là, juste sous nos pieds, au fond du jardin, au coin de la rue ou au bord de la route. Ceux-ci sont sauvages, ultra frais et gratuits bien sûr ! Voilà deux exemples cueillis près de chez moi.

La coulemelle (Macrolepiota procera) *. Parce qu’il n’y a pas que les cèpes dans la vie et que de toute façon, mon voisin ne me révèlera jamais, même sous la torture, l’emplacement du fameux coin secret d’où il ramène des brouettes pleines de la star des champignons, j’ai décidé de m’intéresser aux variétés plus modestes qui avaient la bonne idée de pousser juste sous ma fenêtre. C’est là que j’ai découvert, un beau matin d’automne pluvieux, la coulemelle.

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De la forme d’une baguette de tambour lorsqu’il est jeune, puis d’une élégante ombrelle quand il est complètement ouvert, ce champignon (encore appelé lépiote élevée) possède un délicat goût de noisette. Qui plus est, sa taille conséquente – avec un chapeau de 10 à 30 cm de diamètre pour un pied de 15 à 40 cm de haut, c’est, d’après Wikipedia, le plus grand champignon des régions tempérées – le rend facilement repérable. Plus besoin de farfouiller sous les feuilles mortes et les buissons pendant des heures…

Autre avantage : on peut préparer une belle poêlée avec seulement deux ou trois spécimens dans son panier. On ne mange que les chapeaux, frits à la poêle ou grillés au barbecue, panés, émincés ou encore crus en salade, bref comme il vous plaira.

NE PAS CONFONDRE : même si la coulemelle est facile à reconnaître, ne la confondez pas avec deux autres espèces de lépiotes.

La lépiote vénéneuse (macrolepiota venenata) qui pousse dans les parcs et jardins, en touffes : son pied est court et épais, se salissant de rouge quand on le touche. La chair en est épaisse et blanche, rougissant à la coupe. Cette variété peut provoquer des troubles digestifs.

La lépiote brun-incarnat ou lépiote helvéolée (lepiota brumeo-incarnata), à la chair rosissante et dont la taille est inférieure tant par le chapeau (2 à 5cm) que par le pied (12 cm).
Cette dernière est mortelle. Voilà de quoi vous procurer un petit frisson d’adrénaline quand vous avalerez votre première bouchée…

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L’épinard sauvage (chénopode bon-henri). Je passais devant tous les jours dans une totale indifférence jusqu’à ce qu’un vieux monsieur du coin (ah, la sagesse des anciens…) me dévoile la délicieuse nouvelle : sous son look de mauvaise herbe, cette plante d’un vert banal qui ourle le pied des cabanes du port ostréicole à côté de chez moi n’est rien d’autre que de l’épinard sauvage !

A vrai dire, je n’y ai cru qu’à moitié jusqu’à ce que je décide d’en cueillir une poignée et de la jeter dans une casserole d’eau bouillante salée. Et là, surprise : miam, c’est bon ! On retrouve le goût de l’épinard cultivé, en plus discret, je dirais même plus fin. Evidemment, une fois qu’on sait ce que c’est, la ressemblance de la plante avec l’épinard classique est frappante (mais c’est facile à dire après…).

Outre ses qualités gustatives, la plante est aussi réputée pour ses vertus vermifuges. Cousine du quinoa, la céréale des Incas, elle était déjà consommée par nos ancêtres du Néolithique. Il était donc temps que je m’y mette…

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NE PAS CONFONDRE : la feuille de l’épinard sauvage ressemble assez à celle de l’oseille, mais cette dernière est davantage arrondie. Si vous les confondez, cela ne sera pas vraiment grave car elles sont toutes deux comestibles.

Les livres de botanique mettent en garde contre la ressemblance de l’épinard sauvage avec l’arum, connu pour ces élégantes fleurs blanches en forme de calice et qui est, lui, toxique. Ses feuilles présentent effectivement la même forme de flèche triangulaire, mais leur aspect est brillant, comme verni.

Et vous, vous mangez aussi des plantes dans votre rue ? Envoyez-nous vos bons plants et leurs recettes.

(* Certes, le champignon n’est pas vraiment une plante, mais ce n’est pas un animal non plus… J’espère que vous me pardonnerez cette assimilation abusive au règne végétal, mais comme c’est quand même un truc qui pousse, que c’est bon et que c’est la saison, ce serait dommage de ne pas le mentionner.)

Written by Laure Quéritet

Laure Quéritet

Après 15 ans de marketing dans une grande entreprise à Paris, Laure effectue il y a 7 ans un virage à 90° en devenant kinésiologue, puis en déménageant dans les Landes. Son but : se rapprocher de l'humain et de la nature ! Entre 2 séances de kinésiologie, elle ne dédaigne pas également donner un coup de main à son compagnon ostréiculteur sur le Bassin d'Arcachon. Rien ne vaut quelques heures les pieds dans la vase et le nez sur les huîtres pour se ressourcer.

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