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Sur le terrain

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Publié Mars 2026

Histoires de coquilles, d’oeufs, de poules, d’anatomie et de recyclage

Gaëlle élève deux poules, Thelma et Louise. Si la seconde offre de très jolis oeufs, la première semble préférer l’option oeufs mollets, quasi sans coquille. Pour comprendre le phénomène, Gaëlle ressort les manuels de sciences naturelles. Et en profite pour nous donner ses astuces pour recycler les coquilles d’oeuf. 

Thelma a un souci : les œufs qu’elle pond sont tout mous et très fragiles. Seule une très fine membrane retient le blanc et le jaune de faire une omelette. On arrive même à voir au travers ! En revanche, aucun problème du côté de sa copine Louise, qui picore exactement la même chose et nous offre presque chaque jour un bel œuf bien poli et régulier. Mais d’où ce problème peut-il venir ?

Oui Le Blog, https://magazine.laruchequiditoui.fr
Là c’est Thelma.

Jaune au centre

Une leçon de sciences naturelles s’impose et on a dû reprendre nos bouquins. Parce que c’est magique la formation de cette coquille. Vous en connaissez le mécanisme vous ? Les scientifiques nous racontent que chaque jour un ovule est libéré dans l’oviducte de la poule, sorte de tuyau de 65 cm de long. Il grossit pour se transformer en 10 jours en un jaune d’œuf. Ensuite, c’est en quelques heures que le blanc d’oeuf se forme autour du jaune. Les muscles internes de l’oviducte agissent alors pour faire tourner l’œuf sur lui-même, pour maintenir le jaune au centre.

Jusque là, on suit… même si c’est drôlement marrant de s’imaginer cet œuf tourner sur lui-même tel un ballon rouler sur les pieds d’un jongleur. Ensuite, deux membranes coquillières fines viennent alors emballer cette boule qui tourne, avant le dépôt de cristaux de carbonate de calcium qui formeront la coquille. Et voilà chez Thelma, c’est ici que tout s’arrête. Pourquoi ?

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Et là c’est son oeuf tout mou.

Calcium et Badoit

Reprenons. Les muscles de l’utérus font donc tourner l’œuf sur lui-même et c’est le dépôt lent de carbonate de calcium (carbone + oxygène + calcium présents dans le liquide amniotique autour de l’œuf en formation) qui va constituer la coquille en environ 16h. Un vrai travail d’orfèvre.

Le truc, c’est que cette coquille contient quand même 40 % de calcium et notre petite poule doit aller en piocher, par voie intestinale, dans son sang et dans ses os « spécial course », qui accumulent de grandes réserves de calcium. Il faut donc, non seulement, lui apporter un régime riche en calcium – ça, on fait vraiment notre maximum, on a même essayé de lui donner des coquilles d’huîtres broyées – mais la gallinette doit aussi pouvoir fixer suffisamment bien le calcium… Et c’est donc là le problème.

Alors on nous a conseillé de lui faire boire de l’eau gazeuse lorsque les journées sont chaudes… Prendrait-on Thelma pour une poule de luxe ? C’est plus subtil que ça. Les poules ne transpirent pas, mais halètent pour se rafraîchir. Elles éliminent, du coup, beaucoup plus de CO2, pourtant indispensable à la production du carbonate de calcium de la coquille. Le dioxyde de carbone dissous dans l’eau gazeuse pourrait alors combler cette perte.

Donc si on se résume, il n’y a pas grand-chose à faire pour aider notre petite Thelma, à part lui donner de la Badoit : le problème est propre à son métabolisme. On ne se résoudra pas à la passer au pot pour autant mais c’est vraiment dommage car on peut faire pleins de trucs avec des coquilles d’œufs.

Le paillage aux coquilles d'oeufs, une idée http://jardinfridolin.e-monsite.com
Le paillage aux coquilles d’oeufs, une idée http://jardinfridolin.e-monsite.com

Coquilles à tout faire

Par exemple, en cuisine, on rend le café moins acide si on a préalablement placé une coquille d’œuf dans le filtre. Au jardin, les coquilles d’œufs broyées enrichissent le compost et dissuadent limaces, escargots et vers de s’installer. On peut aussi s’en servir comme godet de semis. Après la germination, il suffit d’écraser la coquille et de planter le tout : la coquille se décomposera et nourrira le sol et la plante.

Elles servent également pour le nettoyage : un mélange poudre de coquille – vinaigre blanc enlève toutes les tâches les plus persistantes de la vaisselle et bien à l’abri dans une chaussette nouée dans le tambour de la machine, les coquilles redonnent blancheur au linge (à remplacer tous les 3 lavages).

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Option recyclage.

Côté trousse à pharmacie « naturelle », dissolvez une coquille d’œuf pendant 2 jours dans un petit bocal de vinaigre de cidre : la mixture calmera vos petites irritations de la peau.

Enfin, des chercheurs de l’Ohio State University ont récemment découvert que les coquilles d’œufs pourraient être une source de carburant d’hydrogène abordable. Nos gallinacées deviendraient alors toutes des poules aux oeufs d’or !

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Carburer à l’oeuf ? Et pourquoi pas ?

Bon, entendu, on vous la pose la question car on sent bien que vous nous attendez au tournant : alors, qui est venu le premier, l’œuf ou la poule ? On vous fait le coup à chaque fois, n’est ce pas ? Oui, sauf que nous on a la réponse : c’est l’œuf ! Dans l’histoire de l’évolution, on a pu démontrer que les oiseaux descendent des reptiles (lien de parenté évident quand on voit les écailles des pattes de nos poules). Et quasi tous les reptiles sont ovipares donc c’est bien l’œuf qui précède la poule. Et toc !

 

Written by Gaelle Petit

Gaelle Petit

Cette amoureuse de la nature tendance fleur bleue est une véritable reine des abeilles (les vraies qui font du miel ! ) depuis 10 ans. Biologiste, nouvellement professeur des écoles, elle délivre sa science aux enfants de sa Charente natale. Chez elle, c'est bricolage, trucs et astuces anti-gaspillage à tous les étages. Logique, pour une adepte de la sobriété heureuse.

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Sur le terrain

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L' »Allemand fou » 40 ans plus tard

Si vous accompagnez Friedrich dans sa propriété près de Gibraleón, vous n’entendrez qu’une chose : un concert tonitruant de chants d’oiseaux. Mais derrière cette idylle se cache une décision radicalement non conventionnelle prise il y a longtemps. Aujourd’hui certifié Demeter depuis 1994, il prouve que sa « folie » est la seule réponse logique à la crise de nos sols. Il y a quarante ans, Friedrich est tombé amoureux du domaine « Finca Jelanisol-Montebello » lors d’une visite en Espagne. À l’époque, il travaillait pour un intermédiaire pour des fruits et légumes produits de manière conventionnelle. Deux choses se sont produites qui l’ont fait réfléchir : Un ami lui a offert un livre sur la permaculture de Bill Mollison, qui l’a inspirée. Il visitait un champ en Italie et cherchait désespérément des vers de terre dans le sol. Lorsque l’agriculteur lui confirme qu’il n’y a pas de vers de terre « parce qu’il n’y en a pas besoin », Friedrich commence à réfléchir. Une vision globale : tout est connectéPour Friedrich, l’agriculture n’est pas un processus isolé, mais fait partie d’un tout. Il a une vision très holistique et philosophique du monde, dans laquelle tout – du microbiome du sol au consommateur – est lié. Pour lui, sa ferme n’est pas seulement un lieu de production, mais un organisme vivant dans lequel les hommes et la nature coexistent en harmonie. Il pense qu’une société pacifique ne peut émerger que si nous produisons en harmonie avec la nature. Si nous le faisons correctement, il y a assez pour tout le monde ; il suffit de ne pas détruire les bases. L’un des principaux moteurs de l’œuvre de Friedrich est une profonde inquiétude quant à l’état de notre alimentation moderne. Il explique que de nombreux aliments que nous consommons aujourd’hui sont « vides ». Il fait référence aux produits de l’agriculture conventionnelle qui, en raison des pesticides et d’un stockage prolongé, n’ont plus aucune valeur nutritionnelle significative. Il suit le principe « sol sain = personne saine ». Seule une terre vivante et régénérée peut produire des fruits qui nourrissent réellement le corps. L’une des premières choses que Friedrich a faites a été de créer un grand étang, non pas pour l’irrigation de la ferme, mais uniquement et exclusivement pour les oiseaux, les grenouilles, les canards et les poissons. Lorsqu’il pleut beaucoup, l’eau s’y écoule. Ils produisent eux-mêmes l’engrais organique à l’aide de micro-organismes et alimentent les arbres en minéraux en continu grâce à l’irrigation au goutte-à-goutte.

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La science derrière le sucre

Nous avons rendu visite à Antonio du domaine « Sicilian Passion » en Sicile. Dans une région traditionnellement connue pour ses agrumes, Antonio a décidé il y a quelques années de suivre une autre voie : il cultive des fruits de la passion (et même des papayes !). La détermination précise du moment de la récolte est un élément crucial de notre collaboration. Nos équipes effectuent des mesures de sucre directement sur le terrain. Un réfractomètre permet de déterminer la valeur Brix et de s’assurer que les fruits ont atteint la maturité physiologique et le profil aromatique requis. La récolte ne commence qu’une fois ces seuils atteints. Dans la vidéo ci-dessous, vous pouvez voir notre collègue Angelo prendre ces mesures. C’est très amusant, car vous vous projetez littéralement dans l’avenir. Caractéristiques de maturation et étymologieUne qualité importante du fruit de la passion est la texture de sa peau. Contrairement à de nombreux fruits, la règle est la suivante : plus les rides du fruit sont prononcées, plus sa teneur en sucre est élevée. En raison d’une légère évaporation au cours du processus de maturation, le sucre du fruit se concentre à l’intérieur, tandis que l’acidité diminue subtilement. Il y a deux récoltes par an, l’une pendant les mois d’hiver et l’autre pendant les mois d’été. C’est surtout en été que les fruits sont plus « ridés », car le liquide s’évapore plus rapidement sous l’effet de la chaleur. Saviez-vous que le nom « fruit de la passion » est dérivé de l’iconographie chrétienne ? Au XVIe siècle, les missionnaires espagnols ont interprété la structure complexe de la fleur comme un symbole de la Passion du Christ. Les filaments de la fleur étaient associés à la couronne d’épines, les trois stigmates aux clous de la croix et les cinq étamines aux plaies. Dans la galerie, vous trouverez une photo où cela est très clairement visible.

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Rouge sang et extrêmement délicieux

Pourquoi les oranges sanguines ne sont pas forcément toutes rouge sangNous avons visité la Sicile et rencontré Danilo d’AranceBio dans un champ où la récolte d’oranges sanguines était à son apogée. Vous pouvez non seulement voir les oranges mûres suspendues aux arbres, mais aussi les sentir. Le ciel est bleu, les arbres et la prairie sont verts, et les oranges pendent comme de petites lanternes dans les arbres. Le temps est ensoleillé mais très frais – même en Sicile, c’est l’hiver. C’est exactement le bon moment pour que les oranges mûrissent. Il faut un mélange de journées chaudes et de nuits fraîches pour que se développe l’anthocyanine, le pigment qui donne à la pulpe sa couleur rouge. Si les nuits sont trop chaudes, le pigment ne peut pas se former et votre orange sanguine risque d’être plus orange que rouge, mais tout aussi savoureuse. Danilo cultive deux variétés différentes : la Moro, qui est un peu plus acide et dont la chair est d’un rouge profond (s’il fait assez froid !) et la Tarocco, qui est un peu plus sucrée et très douce. C’est un peu comme un enfant qui ouvre un œuf Kinder. De l’extérieur, vous ne pouvez pas savoir si le fruit sera rouge ou simplement orange. Compte tenu de l’augmentation des périodes de sécheresse, Danilo s’appuie sur une couverture végétale permanente. Ce tapis naturel protège le sol et sert de réservoir d’eau, stockant l’eau précieuse pendant les périodes de sécheresse – préservant ainsi la résilience de la nature. Nous avons évidemment dû demander ce que nous devions manger en Sicile, et Danilo nous a recommandé deux plats : les traditionnelles Pasta con le Sarde (quoi d’autre ?!) et ces boulettes de riz frites appelées Arancini.

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