Vous cherchez autre chose ? 

Nous sommes joignables par email.

Sur le terrain

min

Publié Mars 2026

Incroyables comestibles : servez-vous, c’est gratuit !

Il pousse comme le trèfle au printemps. De Melbourne à Moscou, le mouvement Incroyables comestibles convertit l’espace public en jardins potagers. Chaque jour, de nouveaux citoyens rejoignent le mouvement et offrent leur production légumière aux passants. Dans sa Bretagne natale, Amélie a rencontré les groupes locaux.

« Sous les pavés, l’abondance partagée », tel aurait pu être le slogan de cette révolution que portent les Incroyables Comestibles. « Imaginez un monde de paix où chacun mange à sa faim. Un monde où l’entraide et la gentillesse sont la règle commune. Un monde où votre enfant n’a plus à s’inquiéter pour demain. Un monde où, vous-même, vieillissant, ne vous faites plus de souci quant à ce que vous aurez à manger demain. Ce monde, c’est celui des femmes et des hommes qui se sont engagés avec les incroyables comestibles. C’est un monde où l’on crée l’abondance par le partage. » 

Le mouvement a vu ses premiers bacs partagés outre Manche à Todmorden, petite ville anglaise située à 27 km de Manchester. Dans cette bourgade de 14 000 âmes, ne soyez pas étonné de découvrir au coin d’une rue, devant le commissariat de police ou sur les gazons de l’hôpital des petits panneaux indiquant « Food to Share »,  traduisez « Nourriture à Partager ».

En effet, dès 2008, les habitants ont transformé l’espace public en jardins potagers où chacun plante et cultive pour tous afin de créer l’abondance partagée. « Les citoyens de Todmorden ont décidé d’opérer un retournement à 360 degrés, expliquent les responsables du mouvement. Ils ont changé de regard. Ils ont acté ensemble qu’ils n’étaient plus les victimes du chaos extérieur, mais qu’ils étaient les créateurs de leur réalité. Ils ont transformé leur espace public en jardin potager où chacune et chacun plante et cultive pour tous. Avec l’invitation : prenez, servez-vous, c’est gratuit ! »

c401_incredible_edible_todmorden_france_bretagne_finistere_pluguffan_incroyables_comestibles_w1400

Depuis, des centaines de collectivités du monde entier ont repris l’initiative. Il sont plus de 400 en France et 700 sur la planète. L’objectif ultime est de rendre les territoires auto-suffisants sur le plan de l’alimentation. Comment ? Par la production locale, le partage et des pratiques respectueuses de l’environnement.

En France, c’est à Colroy-la-Roche (Alsace) en 2012 qu’est né le premier Incroyable Comestible. A l’origine de cette déclinaison française du concept, François Rouillay pour qui la pratique relève « de l’agriculture urbaine en open source. Tel un logiciel libre, alimenté par tous et accessible à chacun.» Il est vrai que le principe est archi simple  : il suffit qu’une seule personne dans sa commune lance la dynamique de la « Nourriture à partager » des incroyables comestibles pour que, de proche en proche, les habitants découvrent que l’abondance est le fruit du partage ! On plante, on arrose et on partage. Une simple balconnière plantée de persil ou de fraisiers, flanquée d’un petit panneau « nourriture à partager  » et voilà. Les voisins sont d’abord curieux puis apportent à leur tour quelques plants pour garnir les bacs qui, bientôt, viendront égayer les abords du village tout entier.

caisse

Avec 400 groupes dans l’Hexagone, il ne m’a pas fallu faire plus de 20 kilomètres pour trouver ces incroyables semeurs d’abondance près de chez moi. A Plomelin (29), le mouvement à été mis en place par le Conseil Municipal des Enfants, soutenu par la mairie et un maraîcher qui fournit les plants. Le mouvement a très vite été rejoint par le Lycée horticole de Kerbernez. Ensemble, ils ont pu mettre en place le circuit des Incroyables Plom’légumes, une green route où les fruits du partage prennent tout leur sens.

bretagne

Un peu plus loin, à Plobannalec (29), Sophie éditrice a décidé de prendre part au mouvement pour « retrouver de meilleurs rapports entre les hommes et avec la Terre. » « J’ai trouvé le mouvement tellement accessible parce qu’il part d’actes simples. J’ai aimé sa philosophie car il produit de la convivialité, du partage, des échanges entre les gens et qu’il invite à retrouver une conscience du respect de la terre et donne envie de se remettre à jardiner, de consommer plus sainement.  » 

A Rennes, c’est à Gael Lorin et l’association jardins (ou) verts que l’on doit l’un des premiers jardins en permaculture en 2013. Aujourd’hui, 7 incroyables jardins poussent dans la ville bretonne. Au détour d’une allée, Gael m’apprend qu’il existe un label «  ville comestibles  » et que Paris est en lice.

c527_incredible_edible_todmorden_france_bretagne_rennes_incroyables_comestibles_w1024

Plus de doute, le mouvement est donc présent dans les grandes villes mais aussi dans les petits villages et cela partout dans le monde. Il permet un retour à la terre, de créer du lien social, de redonner confiance en soi et en l’humanité et de se retrouver, toutes générations confondues, autour d’un même but. Cette fois moi, j’ai décidé de me lancer. Et vous  ?

__________

les-incroyables-comestibles_1_original

Written by Amélie Banasik

Amélie Banasik

Aussi à l'aise avec un marteau qu'avec un rouleau à pâtisserie, il se pourrait qu'Amélie soit la fille cachée de Bob le Bricoleur et de Mary Poppins. Hyper active, Amélie orchestre une petite ferme (moutons, cochons, veaux, poules, lapins, chèvre) et fait pousser son potager. Dès qu'il lui reste un peu de temps libre, elle réalise elle-même sa lessive, son dentifrice, ses savons, son pain et la pâte à modeler de ses enfants. Et la nuit, quand tout le monde pionce, elle écrit des articles pour ce blog.

Share this content:

Keep digging ...

Sur le terrain

3 min

L' »Allemand fou » 40 ans plus tard

Si vous accompagnez Friedrich dans sa propriété près de Gibraleón, vous n’entendrez qu’une chose : un concert tonitruant de chants d’oiseaux. Mais derrière cette idylle se cache une décision radicalement non conventionnelle prise il y a longtemps. Aujourd’hui certifié Demeter depuis 1994, il prouve que sa « folie » est la seule réponse logique à la crise de nos sols. Il y a quarante ans, Friedrich est tombé amoureux du domaine « Finca Jelanisol-Montebello » lors d’une visite en Espagne. À l’époque, il travaillait pour un intermédiaire pour des fruits et légumes produits de manière conventionnelle. Deux choses se sont produites qui l’ont fait réfléchir : Un ami lui a offert un livre sur la permaculture de Bill Mollison, qui l’a inspirée. Il visitait un champ en Italie et cherchait désespérément des vers de terre dans le sol. Lorsque l’agriculteur lui confirme qu’il n’y a pas de vers de terre « parce qu’il n’y en a pas besoin », Friedrich commence à réfléchir. Une vision globale : tout est connectéPour Friedrich, l’agriculture n’est pas un processus isolé, mais fait partie d’un tout. Il a une vision très holistique et philosophique du monde, dans laquelle tout – du microbiome du sol au consommateur – est lié. Pour lui, sa ferme n’est pas seulement un lieu de production, mais un organisme vivant dans lequel les hommes et la nature coexistent en harmonie. Il pense qu’une société pacifique ne peut émerger que si nous produisons en harmonie avec la nature. Si nous le faisons correctement, il y a assez pour tout le monde ; il suffit de ne pas détruire les bases. L’un des principaux moteurs de l’œuvre de Friedrich est une profonde inquiétude quant à l’état de notre alimentation moderne. Il explique que de nombreux aliments que nous consommons aujourd’hui sont « vides ». Il fait référence aux produits de l’agriculture conventionnelle qui, en raison des pesticides et d’un stockage prolongé, n’ont plus aucune valeur nutritionnelle significative. Il suit le principe « sol sain = personne saine ». Seule une terre vivante et régénérée peut produire des fruits qui nourrissent réellement le corps. L’une des premières choses que Friedrich a faites a été de créer un grand étang, non pas pour l’irrigation de la ferme, mais uniquement et exclusivement pour les oiseaux, les grenouilles, les canards et les poissons. Lorsqu’il pleut beaucoup, l’eau s’y écoule. Ils produisent eux-mêmes l’engrais organique à l’aide de micro-organismes et alimentent les arbres en minéraux en continu grâce à l’irrigation au goutte-à-goutte.

Lire

Sur le terrain

min

La science derrière le sucre

Nous avons rendu visite à Antonio du domaine « Sicilian Passion » en Sicile. Dans une région traditionnellement connue pour ses agrumes, Antonio a décidé il y a quelques années de suivre une autre voie : il cultive des fruits de la passion (et même des papayes !). La détermination précise du moment de la récolte est un élément crucial de notre collaboration. Nos équipes effectuent des mesures de sucre directement sur le terrain. Un réfractomètre permet de déterminer la valeur Brix et de s’assurer que les fruits ont atteint la maturité physiologique et le profil aromatique requis. La récolte ne commence qu’une fois ces seuils atteints. Dans la vidéo ci-dessous, vous pouvez voir notre collègue Angelo prendre ces mesures. C’est très amusant, car vous vous projetez littéralement dans l’avenir. Caractéristiques de maturation et étymologieUne qualité importante du fruit de la passion est la texture de sa peau. Contrairement à de nombreux fruits, la règle est la suivante : plus les rides du fruit sont prononcées, plus sa teneur en sucre est élevée. En raison d’une légère évaporation au cours du processus de maturation, le sucre du fruit se concentre à l’intérieur, tandis que l’acidité diminue subtilement. Il y a deux récoltes par an, l’une pendant les mois d’hiver et l’autre pendant les mois d’été. C’est surtout en été que les fruits sont plus « ridés », car le liquide s’évapore plus rapidement sous l’effet de la chaleur. Saviez-vous que le nom « fruit de la passion » est dérivé de l’iconographie chrétienne ? Au XVIe siècle, les missionnaires espagnols ont interprété la structure complexe de la fleur comme un symbole de la Passion du Christ. Les filaments de la fleur étaient associés à la couronne d’épines, les trois stigmates aux clous de la croix et les cinq étamines aux plaies. Dans la galerie, vous trouverez une photo où cela est très clairement visible.

Lire

Sur le terrain

2 min

Rouge sang et extrêmement délicieux

Pourquoi les oranges sanguines ne sont pas forcément toutes rouge sangNous avons visité la Sicile et rencontré Danilo d’AranceBio dans un champ où la récolte d’oranges sanguines était à son apogée. Vous pouvez non seulement voir les oranges mûres suspendues aux arbres, mais aussi les sentir. Le ciel est bleu, les arbres et la prairie sont verts, et les oranges pendent comme de petites lanternes dans les arbres. Le temps est ensoleillé mais très frais – même en Sicile, c’est l’hiver. C’est exactement le bon moment pour que les oranges mûrissent. Il faut un mélange de journées chaudes et de nuits fraîches pour que se développe l’anthocyanine, le pigment qui donne à la pulpe sa couleur rouge. Si les nuits sont trop chaudes, le pigment ne peut pas se former et votre orange sanguine risque d’être plus orange que rouge, mais tout aussi savoureuse. Danilo cultive deux variétés différentes : la Moro, qui est un peu plus acide et dont la chair est d’un rouge profond (s’il fait assez froid !) et la Tarocco, qui est un peu plus sucrée et très douce. C’est un peu comme un enfant qui ouvre un œuf Kinder. De l’extérieur, vous ne pouvez pas savoir si le fruit sera rouge ou simplement orange. Compte tenu de l’augmentation des périodes de sécheresse, Danilo s’appuie sur une couverture végétale permanente. Ce tapis naturel protège le sol et sert de réservoir d’eau, stockant l’eau précieuse pendant les périodes de sécheresse – préservant ainsi la résilience de la nature. Nous avons évidemment dû demander ce que nous devions manger en Sicile, et Danilo nous a recommandé deux plats : les traditionnelles Pasta con le Sarde (quoi d’autre ?!) et ces boulettes de riz frites appelées Arancini.

Lire