Vous cherchez autre chose ? 

Nous sommes joignables par email.

Sur le terrain

min

Publié Février 2026

Ostréiculteur au bord de la crise de mer

Dernière ligne droite avant les fêtes ! La pression monte au port ostréicole d’Andernos-les-Bains, sur le bassin d’Arcachon… Stéphane Boucher, ostréiculteur (comme son nom ne l’indique pas), y produit avec amour une huître 100 % naturelle, née et élevée dans le Bassin :  l’Huître du boucher, of course. Douze heures dans les waders d’un ostréiculteur, sortez les cirés !

 

monboss4

7h30 : Briefing matinal avec mon seul et unique patron : l’Annuaire des marées. C’est lui qui décide de mes horaires de travail. Aujourd’hui, la mer est basse à 11 h 05. Donc départ du port 3 heures avant et retour 3 heures après.

 

départport

8 h 00 : le bateau chargé, on décolle du port. C’est parti pour 45 minutes de navigation avant d’atteindre mes parcs à huîtres.

 

départleversoleil

8 h 10 : le soleil se lève pour nous seuls sur le Bassin d’Arcachon (ça change de l’été où le nombre de bateaux est multiplié par 100 !). Instant suspendu. Oubliés le réveil difficile, les « J’ai pas envie d’y aller » et autres « Je serai mieux peinard dans un bureau au chaud». C’est beau et en plus c’est beau….

 

IMG-20141123-00152

C’est beau, certes, mais froid. La buée sur la vitre de ma cabine ouverte m’oblige à rester dehors pour mieux voir le chenal, tout en pilotant d’une main… Arnaud est venu me donner un coup de main pour la journée car il y a du boulot.

 

IMG-20141123-00174

Le bateau est plein d’huîtres que je ramène au parc pour qu’elles continuent à pousser car encore trop petites pour ce Noël. Nous devons aussi aller récupérer des huîtres « marchandes » pour mon marché de dimanche à Bordeaux et pour les Ruches que je dois livrer dans quelques jours !

 

outils3

Les outils à l’arrière de mon « tracteur flottant » rappellent que nous sommes avant tout des paysans de la mer…

 

IMG-20141123-00177

8h45 : à notre arrivée au parc, nous dérangeons un groupe d’oies bernache qui s’envole bruyamment. Voilà quelques semaines qu’elles ont commencé leur migration vers le Bassin depuis leur lointaine Sibérie. Tout le monde ici sait ce que cela signifie : « Winter is coming »…

 

IMG-20141123-00182

9h : L’eau n’est pas encore complètement descendue quand je commence à jeter les poches d’huîtres que nous attacherons après. Nous n’avons que 3 heures pour travailler avant que la marée ne remonte. Pas de temps à perdre.

 

tenuedecombat2

Avant de descendre du bateau, j’enfile ma tenue de combat !

 

IMG-20141110-00031

9h15 : l’eau est maintenant suffisamment basse, Arnaud et moi attachons les poches sur des « tables » en ferraille appelées « chantiers ». Au départ, quand les huîtres sont encore des bébés, on en met environ 1000 par poche. Puis, au fur et à mesure que les huîtres grandissent, on dédouble régulièrement les poches. Celles qu’on attache aujourd’hui contiennent à peu près chacune 150 huîtres âgées de 2 ans (ponte de 2012).

 

IMG-20141123-00210

10h : Nous nous rendons à présent sur un deuxième parc où je cultive les huîtres comme autrefois, non pas en poches sur des tables, mais directement sur le sol. Là, je sème de jeunes huîtres. Quand je vous disais qu’on était des paysans de la mer !

 

IMG-20141123-00251

11h : quand le parc est complètement découvert, nous ramassons les huîtres au sol qui sont de taille à être vendues (sur le Bassin d’Arcachon, une huître met en moyenne 3 ans pour atteindre une taille commercialisable). Genoux et mains dans la vase, j’ai parfois le sentiment de toucher le fond…des choses !

 

IMG-20141123-00264

13h : Vite, l’eau remonte ! Il faut se dépêcher de ramener les paniers d’huîtres sur le bateau. Un excellent exercice pour le dos.

 

IMG-20141123-00270

13h30 : Allez, on repart ! J’en profite pour vérifier la récolte du jour. Voilà trois huîtres du même âge mais de différentes tailles. Comme chez les humains, elles ne grandissent pas toutes à la même vitesse.

 

IMG-20141110-00067

14h15 : Retour au port. C’est la fin de la marée, mais pas de la journée. On doit décharger les huîtres sur le quai (et encore une tonne à porter, c’est mon ostéo qui va être content) et les trier.

 

tri3

14h30 à 18h : dans la cabane, sur le « taouley » (table en patois), on sépare les huîtres par taille. Certaines sont prêtes à être vendues, alors que d’autres seront ramenées sur le parc, le temps de grandir encore un peu.

 

gants

18h : on raccroche les gants. Fini pour aujourd’hui…

 

 

 

Written by Stéphane Boucher

Stéphane Boucher

Après une courte première expérience professionnelle derrière un guichet de banque qui lui confirme rapidement qu'il n'est pas fait pour ça, Stéphane Boucher met le cap pour les Antilles. Pendant plusieurs années, il découvre le milieu de la mer. De retour en métropole, il n'a qu'un objectif : rester près de l'eau. Voilà comment, il y a 10 ans, Stéphane se lance dans l'ostréiculture sur le bassin d'Arcachon à Andernos-les-Bains.

Share this content:

Keep digging ...

Sur le terrain

3 min

Il pleut, il pleut, en Espagne..?

Nous n’étions pas préparés à cela – ou si ? Il pleut littéralement depuis plusieurs semaines en Espagne. Cette semaine, cependant, l’état d’alerte a été déclaré dans plusieurs régions, notamment en Andalousie. Nos agriculteurs nous ont envoyé les photos ci-dessous – et au sein de notre équipe, nous sommes restés sans voix pendant plusieurs minutes. Nous avons déjà fait état de fortes pluies à plusieurs reprises, mais cette année, l’ampleur est particulièrement grande. La bonne nouvelle est : tous les agriculteurs vont bien ! Notre système météorologique a apporté des pluies intenses, des rafales de vent dignes d’un ouragan et des rivières en crue. Nos agriculteurs de la région de Malaga signalent des arbres tombés et des chemins d’accès boueux qui rendent l’accès presque impossible. Malheureusement, certains agriculteurs nous ont déjà informés qu’ils subiront probablement des pertes de récolte, car les fruits ont été endommagés. Le moindre mal est sûrement le retard des livraisons : il ne cesse de pleuvoir et cela signifie que les fruits sont trop humides pour être expédiés ; ils moisiraient dans les colis. N’avons-nous pas déjà trouvé la solution ? Je parle avec Maikel, de Finca Habitat, d’un petit village entre Jaén et Grenade – l’une des zones les plus touchées. Il m’envoie une vidéo, que vous trouverez ci-dessous – elle montre les champs d’oliviers inondés de ses voisins et la rivière déchaînée. Dans la vidéo suivante, il est dans ses propres champs et montre la quantité de pluie tombée. Il la verse sur ses arbres, qu’il protège du dessèchement et fertilise en même temps avec la laine de ses moutons pendant les mois chauds. « Pour moi, la pluie est une joie absolue. C’est merveilleux ! », dit l’agriculteur. Dans ses champs – pas une seule flaque. « C’est un signe que nous faisons tout correctement, Magdalena. », explique-t-il. Maikel a décidé il y a plus de dix ans de cultiver de manière régénérative. Dans l’une des régions les plus sèches d’Espagne, il parvient, grâce à ses pratiques, à ne pas avoir besoin d’irriguer ses oliviers. Comment est-ce possible ? Grâce à une couverture du sol qui agit comme une éponge et absorbe toute l’eau, la laissant s’infiltrer dans les couches plus profondes du sol. Pas une goutte d’eau n’est perdue, car le réseau racinaire a une capacité si élevée à absorber l’eau qu’elle ne s’écoule ni ne stagne. Et si nous parvenions à rendre les exploitations si résilientes qu’elles sortent encouragées des événements météorologiques extrêmes ? Aurions-nous trouvé la solution avec l’agriculture régénérative ? Je me pose ces questions en voyant les images et les vidéos qui offrent une perspective si différente de la situation. Les prévisions météorologiques annoncent encore de la pluie pour les prochains jours et nous réévaluons la situation chaque jour avec les agriculteurs – la sécurité prime et nous devrons probablement patienter encore un peu avant que le soleil ne réapparaisse.

Lire

Sur le terrain

min

Quinoa bio de Hesse

Le quinoa du voisinage : en visite chez Mudda Natur Vous pouvez regarder notre vidéo en direct complète ici. Une collègue de Johannes, qui souffre d’une intolérance au gluten, s’est longtemps plainte des émissions de CO2 liées à l’importation de quinoa d’Amérique du Sud. C’est à ce moment-là que Johannes a décidé de faire des recherches sur le quinoa et, surtout, de voir si cette pseudo-céréale pouvait être cultivée en Allemagne. Avec le co-fondateur Simon, il est vite apparu que c’était le cas après leur master. Nous sommes tombés sur le dernier jour de récolte de la saison. Le quinoa doit être retiré rapidement du champ, en particulier lors des journées chaudes et sèches. L’humidité est ici le pire ennemi, car elle pourrait immédiatement endommager la récolte délicate – un véritable défi, en cet été humide. La particularité de la méthode de Johannes est que le quinoa est séché directement après la récolte, sans être lavé. Cela permet non seulement d’économiser d’énormes quantités d’eau, mais nécessite également très peu d’énergie. Ce processus évite la formation de moisissures et prépare parfaitement les grains pour la suite du traitement, sans nuire inutilement à l’environnement. L’agriculteur nous explique que la demande de quinoa en Europe, et en particulier en Allemagne, a commencé il y a plus de 10 ans et que cela a entraîné de grandes difficultés économiques pour les agriculteurs des régions andines. De vastes zones de culture ont été créées pour répondre à la demande croissante de l’étranger, et les structures économiques locales ont été tellement bouleversées que le quinoa n’est presque plus abordable en tant qu’aliment de base. Johannes et Simon ont décidé d’élargir leur gamme de produits, qui comprend désormais des produits innovants tels que la bolognaise végétalienne ou le muesli croustillant au quinoa, autant de preuves de la polyvalence du grain local. Cliquez ici pour en savoir plus sur Mudda Natur.

Lire

Sur le terrain

min

Fromage de chèvre de l’Eifel volcanique

La qualité de nos propres mains Nous avons rencontré l’agricultrice Manuela Holtmann de la ferme Vulkanhof à Gillenfeld, dans la région volcanique de l’Eifel. Une fois par an, le premier dimanche de septembre, Manuela ouvre les portes de sa ferme à tous les CrowdFarmers qui ont adopté une chèvre chez elle. Les chèvres sont traites deux fois par jour pour que le lait cru soit transformé en fromage directement sur place. Le lait n’étant pas pasteurisé, la production est soumise à des contrôles très stricts, afin de préserver l’activité bactérienne naturelle du lait cru. Dans les années 1990, l’agricultrice a décidé de créer sa propre fromagerie sur l’exploitation afin de pouvoir contrôler chaque étape de la fabrication du fromage – c’est la seule façon de garantir une qualité particulièrement élevée. Comprendre la nature de la chèvre Manuela souligne qu’elle a choisi d’élever des chèvres, contrairement à l’élevage habituel qui, dans les années 90, s’orientait principalement vers l’élevage de vaches. « Les chèvres étaient les vaches des paysans pauvres », nous explique-t-elle. L’aspect particulièrement passionnant ici est que, contrairement aux moutons, les chèvres étaient à l’origine originaires de régions montagneuses et n’étaient pas faites pour pâturer de manière classique dans des prairies verdoyantes et verdoyantes. Leur système digestif fragile n’est pas conçu pour recevoir de grandes quantités de fourrage vert frais. Pour respecter leur biologie, Manuela a développé un concept spécial : Les animaux vivent dans une étable spacieuse et aérée, avec un vaste enclos directement adjacent. Les chèvres profitent ainsi de beaucoup d’exercice et d’air frais, tandis que leur alimentation reste parfaitement contrôlée et adaptée à leurs besoins. Notre visite a coïncidé avec la période d’accouplement à la fin de l’été. Ici, Manuela mise entièrement sur le saut naturel : le bouc fait la cour à la chèvre, la femelle décidant finalement elle-même de l’accouplement. C’est un bel exemple de respect des animaux de la ferme. La situation de la ferme dans une zone volcanique en sommeil constitue à cet égard un véritable avantage géographique. Les sols riches en minéraux de l’Eifel offrent une base idéale pour un fourrage particulièrement riche en nutriments. La nouvelle cave voûtée montre également que l’exploitation ne cesse de réfléchir : encore en construction, elle offrira bientôt le climat parfait dans lequel les meules de fromage pourront mûrir jusqu’à la perfection. Une expérience culinaire Aucune visite à la Vulkanhof ne serait complète sans une dégustation. Dans la boutique de la ferme, nous avons goûté à l’assortiment de Manuela – chaque bouchée témoignant du soin et du dévouement avec lesquels elle gère son exploitation agricole. Vous souhaitez découvrir la ferme par vous-même ? Manuela propose via notre plateforme WeFarmYou propose régulièrement des visites. C’est une merveilleuse occasion de découvrir l’agriculture de près et d’établir un lien direct avec les producteurs de nos aliments.

Lire